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Paysage au Cannet par Pierre Bonnard
La femme au chien par Pierre Bonnard
The Muses par Maurice Denis
Evening par Paul Sérusier
Farm in Brittany par Paul Sérusier

Nabis

6 artistes · 1888–1900

Les Nabis[4] sont un petit groupe de peintres français actifs de 1888 à environ 1900, dont le nom vient du mot hébreu signifiant « prophètes ». Formé autour de la rencontre de Paul Serusier avec Paul Gauguin à Pont-Aven, le groupe rejette la perspective académique et la couleur naturaliste au profit de surfaces planes et décoratives et de teintes audacieuses. Maurice Denis en formule les fondements théoriques, déclarant qu’un tableau est avant tout une surface plane couverte de couleurs assemblées dans un certain ordre. Pierre Bonnard[7] et Edouard Vuillard[6] suivent une voie plus discrète, dite intimiste, et trouvent leurs sujets dans les intérieurs domestiques, les papiers peints à motifs et les pièces éclairées à la bougie. Felix Vallotton apporte une netteté graphique inspirée des estampes japonaises. Les Nabis travaillent la peinture, l’estampe, l’affiche, les décors de théâtre et les paravents décoratifs, refusant de séparer beaux-arts et arts appliqués. Leur insistance sur la planéité du tableau et sur la couleur comme force expressive autonome prépare le terrain au fauvisme et à l’abstraction du siècle suivant.

Idées clés

  • Paysage au Cannet — Nabis

    La surface plane

    La déclaration de Denis en 1890 — un tableau est essentiellement une surface plane couverte de couleurs assemblées dans un certain ordre — devient l’idée directrice du groupe. Les Nabis rejettent la fenêtre de la Renaissance : ni profondeur fictive ni dégradé atmosphérique. La peinture reste à la surface comme un motif. Cet aplatissement de l’espace puise dans les estampes japonaises et le synthétisme de Gauguin, annonçant les expériences abstraites du vingtième siècle.

  • La femme au chien — Nabis

    L’art sans frontières

    Les Nabis refusent de placer la peinture de chevalet au-dessus de la décoration. Ils conçoivent des décors pour le théâtre symboliste, créent des affiches lithographiques, peignent des paravents et réalisent des vitraux. L’affiche France-Champagne de Bonnard (1891) est aussi élaborée que ses peintures à l’huile. Cette attitude remet en cause la hiérarchie académique qui place la peinture d’histoire au sommet et les arts décoratifs au bas de l’échelle.

  • The Muses — Nabis

    L’intimisme

    Bonnard et Vuillard forment un sous-groupe parfois appelé les intimistes. Ils peignent des intérieurs domestiques : une femme qui coud, une lampe sur une table, un enfant dans un jardin. Les compositions de Vuillard font se fondre les figures dans les motifs du papier peint, de sorte que la présence humaine et la pièce deviennent une surface continue. L’atmosphère est calme, privée, attentive aux petits plaisirs. L’intimisme affirme que le quotidien présente autant d’intérêt pictural que la mythologie ou le paysage.

  • Evening — Nabis

    Le catalyseur Gauguin

    Le mouvement commence en 1888 lorsque Serusier, sous la direction de Gauguin à Pont-Aven, peint un petit paysage sur le couvercle d’une boîte à cigares. Gauguin lui dit d’utiliser la couleur pure directement sortie du tube et de peindre ce qu’il ressent, non ce qu’il voit. Le résultat, appelé plus tard The Talisman, est un assemblage presque abstrait de verts, de bleus et d’oranges. Serusier le rapporte à Paris et le groupe se forme autour de cet exemple.

Origines

La rencontre de Pont-Aven

À l’automne 1888, Paul Serusier se rend en Bretagne et rencontre Paul Gauguin dans la colonie d’artistes de Pont-Aven. Gauguin a rompu avec l’impressionnisme et peint des formes plates et simplifiées, au contour marqué et aux couleurs non naturalistes. Sous sa direction, Serusier réalise un minuscule paysage qui délaisse l’observation au profit du sentiment. Il rapporte le panneau à Paris et le montre à ses camarades de l’Academie Julian. La réaction est immédiate. Denis, Bonnard, Vuillard, Ranson et Ibels forment un groupe pour explorer les implications de la méthode de Gauguin.

Le cercle de l’Academie Julian

L’Academie Julian est une école d’art privée prisée des étudiants étrangers et français qui ne peuvent entrer à l’Ecole des Beaux-Arts officielle. Son programme est moins rigide et son atmosphère plus ouverte. À la fin des années 1880, les jeunes peintres qui formeront les Nabis s’y rencontrent et partagent leur goût pour les idées nouvelles. Ils lisent la poésie symboliste, assistent aux réunions du mardi de Mallarme et débattent de la frontière entre beaux-arts et décoration. L’atelier fournit à la fois le réseau social et le cadre intellectuel dont émerge le groupe.

Nommer les prophètes

Sur la suggestion du poète Auguste Cazalis, le groupe adopte le nom Nabis, qui signifie prophètes en hébreu. Ce nom reflète leur sentiment d’avoir une mission : ils se voient comme les porteurs d’une vérité artistique nouvelle, inspirée par Gauguin. Les réunions ont lieu dans l’atelier de Paul Ranson, qu’ils appellent The Temple. Leur langage quasi religieux est à la fois sérieux et ludique. Au milieu des années 1890, les carrières individuelles prennent des directions différentes et le groupe commence à se disperser. Bonnard et Vuillard continuent toutefois à développer les principes assimilés durant les années Nabis.

Avec leurs mots

“Rappelez-vous qu’un tableau, avant d’être un cheval de bataille, un nu féminin ou quelque anecdote, est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs assemblées selon un certain ordre.”
Maurice Denis, Definition du Neo-Traditionnisme, Art et Critique (1890)
“Une œuvre d’art est un coin de nature vu à travers un tempérament.”
Emile Zola, Mon Salon (1866), adopted by the Nabis as a guiding principle
“Je ne peins pas un portrait. Je peins un tableau.”
Pierre Bonnard, Cited in Antoine Terrasse, Bonnard: Shimmering Colour (2000)

Tous les artistes du mouvement Nabis

6 artistes.

Lectures conseillées

  • Bonnard

    Bonnard

    Timothy Hyman · 1998

    Présentation accessible de la carrière de Bonnard, de ses expériences avec les Nabis à ses derniers tableaux de couleur.

  • Vuillard

    Vuillard

    Guy Cogeval · 2003

    Catalogue majeur de la rétrospective de 2003, avec une analyse détaillée des intérieurs intimistes et des commandes décoratives de Vuillard.

  • The Nabis and the Parisian Avant-Garde

    The Nabis and the Parisian Avant-Garde

    Patricia Eckert Boyer · 1988

    Étude de la formation du groupe, de ses liens avec le symbolisme et de son influence sur l’art français du début du vingtième siècle.

Questions fréquentes

  • Qui étaient les Nabis ?
    Les Nabis[4] (« prophètes » en hébreu) sont un groupe de peintres français postimpressionnistes actifs à Paris de 1888 à environ 1900, qui s’appuient sur la couleur plate et les tendances symbolistes de Paul Gauguin. Ils réalisent des tableaux, des décors de théâtre, des vitraux, des affiches et des livres illustrés, considérant les arts décoratifs et les beaux-arts comme d’égale valeur. Les membres principaux se rencontrent comme étudiants à l’Académie Julian en 1888.
  • Quand les Nabis ont-ils commencé ?
    Le groupe se forme en octobre 1888, lorsque Paul Sérusier revient d’une visite à Gauguin à Pont-Aven avec un petit paysage expérimental connu sous le nom de The Talisman. Il montre le tableau à ses amis Maurice Denis, Pierre Bonnard[7], Édouard Vuillard et Paul Ranson à l’Académie Julian. Sur la suggestion de Henri Cazalis, ils adoptent le nom hébreu Nabis[4] et se considèrent comme les prophètes d’un art nouveau.
  • Quels sont les artistes Nabis les plus célèbres ?
    Pierre Bonnard[7] et Édouard Vuillard sont les plus connus et poursuivent de longues carrières indépendantes après la dissolution du groupe. Maurice Denis est le principal théoricien du mouvement ; en 1890, il publie sa célèbre formule : un tableau est « essentiellement une surface plane couverte de couleurs assemblées dans un certain ordre ». Paul Sérusier, Paul Ranson, Félix Vallotton et le Suisse Ker-Xavier Roussel complètent le noyau, avec le sculpteur Aristide Maillol comme membre associé.
  • Qu’est-ce qui définit le style Nabi ?
    Les peintures Nabi utilisent des couleurs à motifs et plates, des contours décoratifs marqués, des compositions asymétriques souvent recadrées à la manière des estampes japonaises et des sujets tirés de l’intimité domestique parisienne (les intimistes, dont Bonnard et Vuillard) ou de thèmes religieux symbolistes (Denis, Sérusier). L’intérêt du mouvement pour les arts appliqués, visible dans les affiches pour la Revue Blanche et les programmes du théâtre de Lugné-Poe, occupe une place exceptionnellement centrale dans sa pratique.
  • Quelle différence y a-t-il entre les Nabis et le postimpressionnisme ?
    Le postimpressionnisme est un terme générique qui désigne tout ce qui suit l’impressionnisme entre 1886 et 1905, notamment Cézanne, Van Gogh, Gauguin et Seurat. Les Nabis[4] constituent un groupe précis de cette période, qui prend l’exemple de Gauguin comme point de départ et développe un langage décoratif distinctif. Le postimpressionnisme désigne une phase historique ; « Nabis » désigne un groupe défini, lié par des années d’atelier partagées et des manifestes publiés.
  • Pourquoi les Nabis étaient-ils importants ?
    Les Nabis[4] établissent le principe selon lequel la peinture est d’abord un agencement décoratif de couleurs sur une surface plane, et seulement ensuite une représentation du monde. La formule de Denis en 1890 annonce directement le modernisme du vingtième siècle. Les carrières ultérieures de Bonnard et Vuillard transforment l’intimisme Nabi en une tradition postimpressionniste durable qui se prolonge jusque dans les années 1940 et assure une continuité entre la peinture du dix-neuvième siècle et l’art français d’après-guerre.
  • Où voir les meilleurs tableaux Nabi ?
    Le Musée d'Orsay à Paris possède la collection Nabi canonique, dont The Talisman de Sérusier et des tableaux majeurs de Bonnard, Vuillard et Denis. Le Musée des Beaux-Arts de Quimper est particulièrement consacré à la Bretagne. Le Musée Bonnard au Cannet, dans le sud de la France, conserve les œuvres tardives de Bonnard. Le Kunsthaus Zurich possède des œuvres de Vallotton. Tate et la National Gallery de Londres détiennent également des œuvres de Bonnard et Vuillard.

Sources

Le texte éditorial sur le mouvement Nabis s’appuie sur les travaux de recherche publiés suivants.

  1. [1] livre Timothy Hyman, Bonnard, 1998 Utilisée pour : biographie, analyse stylistique, technique.
  2. [2] livre Guy Cogeval, Vuillard, 2003 Utilisée pour : biographie, analyse stylistique.
  3. [3] livre Patricia Eckert Boyer, The Nabis and the Parisian Avant-Garde, 1988 Utilisée pour : historique des expositions, influences, analyse stylistique.
  4. [4] Wikipédia Wikipedia: Nabis Utilisée pour : biographie.
  5. [5] livre Nathalia Brodskaya, Post-Impressionism Utilisée pour : biographie.
  6. [6] Wikipédia Wikipedia: Edouard Vuillard Utilisée pour : biographie.
  7. [7] Wikipédia Wikipedia: Pierre Bonnard Utilisée pour : biographie.

Le contenu éditorial est supervisé par Solis Prints. Sources vérifiées le 10 octobre 2026. Cliquez sur une source pour en savoir plus ou survolez [N] dans la page ci-dessus pour un aperçu.

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