
Still Life with Bread and Eggs
Cincinnati Art Museum, Cincinnati
Still Life with Bread and Eggs est un tableau de Paul Cezanne conservé au Cincinnati Art Museum. Il date du début de sa carrière, lorsqu'il travaille dans la manière épaisse et sombre qu'il appelle lui-même couillarde : il utilise le couteau à palette aussi souvent que le pinceau et pose la peinture en lourdes couches terreuses[1]. Cezanne forge ce terme dans les années 1860 pour décrire cette touche volontairement rude et peu raffinée ; il l'emploie encore plus tard pour distinguer l'audace de sa peinture de celle des autres[1]. Bread and Eggs appartient au même ensemble grossier et dense que Sugar Bowl, Pears, and Blue Cup et Skull and Candlestick. Pour ces œuvres, Cezanne s'inspire de Gustave Courbet et d'Edouard Manet, dont il étudie attentivement les natures mortes alors qu'il est encore un jeune peintre provincial nouvellement arrivé à Paris[1][1]. À cette époque, Cezanne fait la navette entre Aix-en-Provence et Paris. Son amitié naissante avec l'impressionniste plus âgé Camille Pissarro, qui repère son talent à l'Académie Suisse en 1861, finira par transformer entièrement son approche de la couleur et de la lumière, mais cette évolution n'a pas encore eu lieu lorsqu'il peint cette nature morte[2].


Provenance
Conservé au Cincinnati Art Museum.
La manière couillarde
Cezanne emploie le terme couillarde, un mot d'argot terreux et provincial, pour décrire sa propre touche épaisse, travaillée au couteau à palette, dans les années 1860. Il cultive ce style avec un plaisir manifeste, sans s'en excuser[1]. Le terme évoque à la fois une identité provinciale rude et un argot sexuel cru. Cezanne l'applique à un petit groupe de natures mortes denses, sombres et volontairement peu raffinées de cette période, dont celle-ci, Sugar Bowl, Pears, and Blue Cup et son lugubre Skull and Candlestick[1]. Plus tard, Cezanne continue d'utiliser ce mot, non seulement pour décrire cette première période, mais aussi pour distinguer la vigueur de sa touche de celle des autres artistes. Cela laisse penser que couillarde désigne autant un trait caractéristique de son tempérament qu'un style précoce bien délimité[1].
Dans le sillage de Courbet et de Manet
Dans ses premières natures mortes, Cezanne travaille délibérément à partir de l'exemple de Gustave Courbet, dont la touche rugueuse célèbre et les sujets rustiques offrent au jeune Cezanne un modèle de peintre provincial et paysan. Il s'inspire aussi d'Edouard Manet, qu'il visite dans son atelier en 1866 après avoir été présenté par des connaissances communes[1]. Manet est assez intrigué par le travail du jeune provincial pour aller ensuite voir en personne les natures mortes de Cezanne dans l'atelier d'un ami[2]. Cezanne reste très conscient de la distance sociale entre lui, le rude nouveau venu d'Aix, et l'élégant Manet, homme du monde. D'après son propre récit, il choisit d'accentuer ce contraste plutôt que de l'atténuer : dans un café parisien, il dit un jour à Manet qu'il ne peut pas lui serrer la main parce qu'il ne s'est pas lavé depuis une semaine[2].
Pissarro et la voie vers le style mûr de Cezanne
Camille Pissarro voit Cezanne peindre pour la première fois à l'Académie Suisse, à Paris, en 1861 et reconnaît aussitôt son audace et son ingéniosité. Il le présente ensuite à Monet, Renoir, Sisley et Bazille[2]. Les deux peintres travaillent côte à côte dans les environs de Pontoise et d'Auvers-sur-Oise. Cezanne en vient à considérer Pissarro presque comme une figure paternelle ; il dit plus tard à un journaliste qu'il peut toujours lui demander conseil et que Pissarro est pour lui comme le bon Dieu[2]. Sous l'influence de Pissarro, plus tard dans les années 1870, la palette de Cezanne s'éclaircit et sa technique couillarde, rude et travaillée au couteau à palette, cède la place à une touche plus structurée et constructive, caractéristique de son œuvre mûre. Cette évolution est encore loin lorsqu'il peint cette nature morte plus sombre et plus dense[2].
Questions courantes
Que signifie couillarde et pourquoi ce terme décrit-il ce tableau ?
Comment le style de Cezanne évolue-t-il après cette première période ?
Sous l'influence de Camille Pissarro, qu'il rencontre en 1861 et avec qui il travaille à Pontoise et à Auvers-sur-Oise, la technique couillarde, sombre et épaisse de Cezanne cède progressivement la place à une palette plus claire et à la touche plus structurée de son style mûr[2].
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Sources
Le texte éditorial s’appuie sur les références suivantes, vérifiées auprès du musée et dans les données relatives à l’image de cette œuvre dans le domaine public.
- [1] livre Carol Armstrong, Deborah Gribbon and Lee Hendrix, Cezanne in the Studio: Still Life in Watercolors Utilisée pour : cette œuvre.
- [2] livre Brodskaïa, Nathalia; , Impressionism and Post-Impressionism Utilisée pour : cette œuvre.
Le contenu éditorial est supervisé par Solis Prints. Sources vérifiées le 10 octobre 2026. Cliquez sur une source pour en savoir plus ou survolez [N] dans la page ci-dessus pour un aperçu.
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