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1863–1920 · Hongrois[1]

Aladar Korosfoi-Kriesch

En 1907[1], le Nemzeti Szalon de Budapest rouvrit avec des vitraux conçus par Aladár Körösfői-Kriesch et exécutés par le maître verrier Miksa Róth, intégrés à un bâtiment revêtu de carreaux d’éosine Zsolnay vert irisé. La rénovation coûta au total 115 000 korona. Ce fut la déclaration publique la plus visible du modernisme particulier qu’il élaborait pièce par pièce depuis le tournant du siècle.

Conservées dans 1 muséeWikipédia3 sources

Portrait de Aladar Korosfoi-Kriesch

Biographie

Ce modernisme puisait chez William Morris. Körösfői-Kriesch avait étudié attentivement ses écrits et fonda au début des années 1900[1], avec le peintre Sándor Nagy, la colonie d’artistes de Gödöllő, au nord-est de Budapest : une communauté-atelier produisant tapisseries, broderies, mobilier, articles en cuir, reliure et vitraux, ainsi que des œuvres d’art. Elle voulait réunir fabrication et sens face à la production industrielle, au moyen d’un langage visuel spécifiquement hongrois inspiré de l’art populaire transylvain plutôt que de Vienne ou Paris.

Né à Buda en 1863[1], formé auprès du spécialiste de la fresque Károly Lotz et du peintre d’histoire Bertalan Székely, Körösfői-Kriesch possédait les bases techniques nécessaires aux œuvres monumentales. Son style symboliste, avec ses formes planes, ses contours affirmés et sa gravité médiévalisante, convenait à un pays qui se tournait vers ses traditions populaires pour contrebalancer la domination culturelle des Habsbourg. À partir de 1908[1], la colonie exposa collectivement à la galerie Uránia et poursuivit sa production en peinture, textile et arts appliqués jusqu’à sa mort en 1920[1], à 56 ans.

Les spécialistes du modernisme hongrois distinguent nettement son courant Arts and Crafts de l’école de Nagybánya, composée d’impressionnistes de plein air qui dominaient la scène des galeries de Budapest. La colonie de Gödöllő est l’équivalent hongrois le plus durable du modèle de la Wiener Werkstätte : l’idéal démocratique d’un art sans compromis commercial, selon la formule de Morris.

Chronologie

  1. 1863Né à Buda, en Hongrie
  2. 1900Étudie auprès de Károly Lotz et Bertalan Székely
  3. 1900Fonde la colonie d’artistes de Gödöllő avec Sándor Nagy
  4. 1907Conçoit les vitraux du Nemzeti Szalon
  5. 1908La colonie de Gödöllő expose à la galerie Uránia
  6. 1920Meurt à 56 ans

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Questions fréquentes

  • Qu’est-ce qui fait la renommée de Aladar Korosfoi-Kriesch ?
    Aladár Körösfői-Kriesch est connu pour son rôle dans le modernisme hongrois et pour avoir cofondé la colonie d’artistes de Gödöllő avec Sándor Nagy. Cette communauté-atelier produisait tapisseries, broderies, mobilier, articles en cuir, reliure et vitraux, ainsi que des œuvres d’art.
  • Quelle est l’œuvre la plus célèbre de Aladar Korosfoi-Kriesch ?
    Aladar Korosfoi-Kriesch était un artiste hongrois associé au mouvement Arts and Crafts. Il travailla dans divers médiums, notamment la peinture, le vitrail et la céramique. Il est connu pour son rôle dans la Sécession hongroise. L’une de ses réalisations les plus importantes fut la direction de la colonie d’artistes de Gödöllő. Fondée en 1901[1], celle-ci cherchait à créer une œuvre d’art totale intégrant plusieurs disciplines artistiques. Sa production comprenait du mobilier, des textiles et des projets architecturaux. Il est difficile de désigner une seule œuvre comme la plus célèbre, mais ses peintures murales et ses projets de vitraux sont particulièrement remarquables. Beaucoup furent commandés pour des bâtiments publics et des églises en Hongrie. Ils témoignent d’une synthèse distinctive entre motifs populaires hongrois et esthétique Art nouveau. Son travail au domaine Wekerle de Budapest en est un exemple : il conçut plusieurs éléments des bâtiments, dont des décors en sgraffite. Ces projets de grande ampleur contribuèrent beaucoup à sa renommée de son vivant et restent appréciés aujourd’hui.
  • Que faut-il savoir sur les reproductions de Aladar Korosfoi-Kriesch ?
    Aladar Korosfoi-Kriesch était actif à une époque où l’intérêt pour l’estampe augmentait. Plusieurs facteurs contribuèrent à son essor, notamment en Allemagne à la fin des années 1910[1] et au début des années 1920[1]. L’instabilité économique, en particulier l’inflation, faisait de l’art un placement relativement sûr. Les estampes coûtaient moins cher que les tableaux et étaient donc accessibles à un plus grand nombre de collectionneurs. La hausse du prix de matériaux comme la toile encourageait aussi les artistes à travailler sur papier. En 1919 et 1920, le nombre de nouvelles estampes et de portfolios fut élevé, puis ne baissa que légèrement pendant les trois années suivantes. Les éditeurs Cassirer, Gurlitt et Neumann devinrent très actifs. De nouvelles maisons, comme Propyläen, Euphorion et Karl Nierendorf, apparurent également. L’implication accrue d’éditeurs professionnels permit une production d’estampes commerciales plus soignée. Auparavant, des groupes tels que Die Brücke et Der Blaue Reiter imprimaient eux-mêmes leurs œuvres, souvent en petits tirages aux résultats irréguliers. Les éditeurs commandèrent alors aux imprimeurs professionnels des éditions plus importantes et plus uniformes. Avant la guerre, les tirages de dix à quarante exemplaires étaient courants ; ensuite, les éditions d’au moins quarante ou cinquante exemplaires le devinrent, atteignant parfois cent ou davantage.
  • À quel style ou mouvement appartenait Aladar Korosfoi-Kriesch ?
    Aladar Korosfoi-Kriesch (né en 1863[1], mort en 1920[1]) était un artiste hongrois associé au mouvement Sezession, plus précisément à sa variante hongroise. Apparue à la fin du 19e siècle, cette tendance marquait une rupture avec les traditions de l’art académique. Les artistes de la Sezession cherchaient à créer un style nouveau et moderne, reflétant l’esprit de leur époque. L’œuvre de Korosfoi-Kriesch intégrait souvent le symbolisme et le nationalisme, puisant dans l’art populaire et la mythologie hongrois. Sa production couvrait plusieurs médiums : peinture, arts décoratifs et illustration de livres. Il visait à créer un style artistique unifié pénétrant tous les aspects de la vie, conformément aux objectifs plus généraux du mouvement Arts and Crafts. Sa participation à la conception de mobilier, de textiles et de vitraux témoigne de cette approche globale de l’art.
  • Quelles techniques ou quels matériaux étaient utilisés par Aladar Korosfoi-Kriesch ?
    Aladar Korosfoi-Kriesch développa un nouveau type de tableau en verre opaque, qui pouvait être accroché ou encastré dans un mur, à l’intérieur comme à l’extérieur. Sa technique consistait à sabler du verre plaqué, généralement un verre laiteux recouvert d’une fine couche d’une autre couleur, souvent noire ou rouge. Le sablage était appliqué un peu comme les graveurs de pierres tombales gravent des noms. On recouvrait le verre de papier-cache préparé, puis on découpait le motif. Le sablage creusait un relief dans les zones découvertes. Un bref sablage pouvait aussi ternir la surface brillante et créer un effet dépoli. Cette méthode permettait d’obtenir un gris foncé mat sur un noir profond et brillant ; il fallait alors découper un second pochoir et sabler de nouveau. On pouvait également appliquer des couleurs pour peintre verrier et les fixer au four.
  • Qu’est-ce qui faisait la renommée de Aladar Korosfoi-Kriesch ?
    Aladar Korosfoi-Kriesch (né en 1863[1], mort en 1920[1]) était un artiste autrichien qui passa la majeure partie de sa jeunesse à Vienne. Il entra à la Kunstgewerbeschule en 1904[1] ou 1905. Étudiant, il peignit des éventails et des cartes postales pour la Wiener Werkstätte, qui publia son premier recueil de poésie en 1908. La même année, les œuvres qu’il exposa à la Vienna Kunstschau furent vivement critiquées et il fut renvoyé de la Kunstgewerbeschule. L’architecte Adolf Loos remarqua alors son travail et devint son défenseur le plus ardent. Durant cette première période, Korosfoi-Kriesch écrivit des pièces considérées parmi les premiers exemples du drame expressionniste. Sa première exposition personnelle eut lieu à la galerie de Paul Cassirer à Berlin en 1910, suivie la même année d’une autre au Museum Folkwang d’Essen. En 1910, il commença également à contribuer au périodique Der Sturm d’Herwarth Walden. De 1910 à 1914, il se consacra au portrait et partagea son temps entre Berlin et Vienne.
  • Quand Aladar Korosfoi-Kriesch a-t-il vécu et travaillé ?
    Aladar Korosfoi-Kriesch naquit le 3 janvier 1863[1] à Budapest et y mourut le 16 juin 1920[1]. Peintre, graphiste et designer hongrois, il était associé au mouvement Arts and Crafts. Sa pratique comprenait la peinture, l’estampe et les arts appliqués. Au cours de sa carrière, il s’intéressa à divers styles, du symbolisme à l’Art nouveau, et s’inspira également de l’art populaire hongrois. Comme beaucoup d’artistes de sa génération, il voyagea largement en Europe. Il étudia à Vienne et à Munich et se rendit à Paris en 1890[1]. Il s’intéressait aux artistes de la Sécession viennoise, tels que Gustav Klimt (né en 1862, mort en 1918), et exposa avec eux.
  • Où puis-je voir les œuvres de Aladar Korosfoi-Kriesch ?
    Les lieux conservant des œuvres d’Aladar Korosfoi-Kriesch sont peu documentés, mais plusieurs musées possédant des collections d’art apparenté peuvent détenir ses pièces. Aux États-Unis, on peut consulter le Charles Hosmer Morse Museum of American Art (Winter Park, Floride), le Los Angeles County Museum of Art, le Metropolitan Museum of Art de New York, le Minneapolis Institute of Arts, le Museum of Modern Art de New York, le Royal Ontario Museum de Toronto, le Virginia Museum of Fine Arts de Richmond et le Wolfsonian de Florida International University à Miami Beach. Au Royaume-Uni, on peut se renseigner auprès du Bakelite Museum à Williton, du Brighton Museum & Art Gallery, du Geffrye Museum de Londres, du Manchester Art Gallery, du National Museums of Scotland Royal Museum à Édimbourg et du Victoria & Albert Museum de Londres. Les musées qui possèdent des collections du Bauhaus détiennent parfois des œuvres d’artistes associés. Il s’agit notamment du Bauhaus-Archiv Museum für Gestaltung à Berlin, de la Stiftung Bauhaus Dessau, de la Stiftung Meisterhäuser Dessau, de la Klassik Stiftung Weimar/Bauhaus-Museum à Weimar, du Zentrum Paul Klee à Berne, du Busch-Reisinger Museum à Cambridge (Massachusetts), de la Josef and Anni Albers Foundation à Bethany (Connecticut), de la Moholy-Nagy Foundation à Ann Arbor (Michigan), de l’Utsunomiya Museum of Art et de la Misawa Bauhaus Collection à Tokio.
  • D’où venait Aladar Korosfoi-Kriesch ?
    La biographie d’Aladar Korosfoi-Kriesch est mal documentée. On sait qu’il était hongrois. Cela ressort du nombre d’artistes hongrois qui, comme lui, soutenaient l’éphémère République soviétique hongroise créée par Béla Kun. Après le renversement du gouvernement de Kun, de nombreux artistes s’exilèrent à Vienne. Ils y fréquentèrent l’avant-garde internationale, diffusée par la revue *Ma*, d’abord éditée à Budapest puis à Vienne par Lajos Kassák. Kassák considérait le dadaïsme comme le « cri tragique de toute notre existence sociale ». Sa formule suggère que la déception politique née de la révolution hongroise donna à son groupe une vision comparable à celle des dadaïstes berlinois quelques années auparavant.
  • Qui a été influencé par Aladar Korosfoi-Kriesch ?
    Le milieu artistique d’Aladar Korosfoi-Kriesch fut celui de la Hongrie de la fin du 19e et du début du 20e siècle, où la réception de l’impressionnisme fut tardive et complexe. Fondé en 1896[1], le groupe de Nagybánya suivit l’exemple de l’ancienne école française de Barbizon en peignant en plein air. Il n’adopta toutefois pas pleinement les principes impressionnistes, comme la spontanéité. Il évolua plutôt vers l’esthétique Art nouveau, puis vers des formes postimpressionnistes. En 1910, de nombreux artistes et critiques hongrois rejetaient l’impressionnisme au profit du néoclassicisme moderniste et de l’abstraction. Georg Lukács, défenseur du Groupe des Huit, promouvait ce qu’il appelait un art « architectonique ». Il reprochait à l’impressionnisme de tout transformer « en surface décorative » et lui préférait un art discipliné, fondé sur la structure et l’ordre. Malgré cette opposition critique, l’impressionnisme gagna du terrain commercial, les marchands vendant de nouvelles toiles et reclassant des œuvres plus anciennes.
  • Qui a influencé Aladar Korosfoi-Kriesch ?
    Aladar Korosfoi-Kriesch (1863[1]–1920[1]) était un artiste hongrois associé au mouvement Arts and Crafts. Son développement artistique fut marqué par plusieurs influences, principalement les préraphaélites et les nazaréens. Ces derniers, groupe de peintres romantiques allemands du début du 19e siècle qui cherchaient à faire revivre l’art religieux, influencèrent son approche des sujets spirituels et historiques. Leur accent sur la clarté, le symbolisme et les récits moralisateurs correspondait à ses propres inclinations. L’attention au détail, les intérêts médiévalisants et les thèmes littéraires des préraphaélites contribuèrent également à façonner son esthétique. Il partageait leur intérêt pour les légendes arthuriennes, le folklore et le monde naturel. À leur instar, il intégra des thèmes littéraires et mythologiques à son œuvre. Il est probable qu’il ait également assimilé des éléments d’autres tendances artistiques contemporaines. La synthèse de ces sources contribua à son style singulier dans le contexte plus large du mouvement Arts and Crafts européen.
  • Qui était Aladar Korosfoi-Kriesch ?
    Aladar Korosfoi-Kriesch (1863[1]–1920[1]) était un artiste hongrois. Il appartenait au Magyar Impresszionisták és Naturalisták Köre (M.I.É.N.K.), ou Cercle des impressionnistes et naturalistes hongrois. En 1909[1], avec Szinyei-Merse, Iványi-Grünwald et Vaszary, il fut exclu du M.I.É.N.K. après une assemblée générale houleuse en 1907, tandis que les membres plus traditionnels consolidaient leur contrôle sur l’institution. Le directeur, Lajos Ernst, fut également écarté à cette occasion. L’exclusion de Korosfoi-Kriesch et des autres provoqua l’indignation. Ernő Kammerer, directeur du musée des Beaux-Arts, et Gábor Térey, son administrateur, démissionnèrent aussitôt de leurs adhésions. Rózsa conduisit une délégation auprès du comte Gyula Andrássy pour lui demander de renoncer lui aussi à son poste.

Sources

Le texte éditorial s’appuie sur les références primaires et tertiaires suivantes concernant Aladar Korosfoi-Kriesch.

  1. [1] Wikipédia Wikipedia: Aladar Korosfoi-Kriesch Utilisée pour : biographie, dates de naissance, dates de décès, identifiants, rattachement à un mouvement, nationalité.
  2. [2] livre Husslein-Arco, Agnes, editor; Koja, Stephan, editor; Law, Rebecca (Translator), translator; McInnes, Robert (Translator), translator; Somers, Nick, translator; Monet, Claude, 1840-1926. Paintings. Selections; Österreichische Galerie Belvedere, h Utilisée pour : biographie.
  3. [3] livre Masterpieces of western art : a history of art in 900 individual studies from the Gothic to the present day Utilisée pour : biographie.

Le contenu éditorial est supervisé par Solis Prints. Sources vérifiées le 9 octobre 2026. Cliquez sur une source pour en savoir plus ou survolez [N] dans la page ci-dessus pour un aperçu.

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