
Echo and Narcissus
Walker Art Gallery, Liverpool
John William Waterhouse a peint Echo and Narcissus d’après le récit le plus complet de la légende, celui du poète romain Ovide dans les Métamorphoses : le beau et froid Narcisse tombe amoureux de son reflet dans un bassin et dépérit à ses côtés ; la nymphe Écho, condamnée à répéter uniquement les derniers mots prononcés par autrui, l’aime sans jamais pouvoir exprimer elle-même cet amour. Chez Ovide, le chagrin d’Écho après le rejet de Narcisse est si grand que son corps dépérit jusqu’à ce qu’il ne reste que sa voix. Narcisse, puni par la déesse Némésis pour avoir repoussé ceux qui l’aimaient, est condamné à tomber amoureux d’une image qu’il ne pourra jamais posséder. Waterhouse montre les deux personnages au bord de l’eau : Écho observe à demi cachée, tandis que Narcisse est entièrement absorbé par son reflet. D’importants peintres avaient déjà traité le sujet, notamment Nicolas Poussin dans la France du dix-septième siècle, et il est resté familier aux artistes britanniques de la génération de Waterhouse qui s’inspiraient des sources classiques. Le tableau est conservé à la Walker Art Gallery de Liverpool.


Provenance
Le tableau est conservé à la Walker Art Gallery de Liverpool.
Le mythe selon Ovide
Le récit d’Ovid dans les Metamorphoses est la version antique la plus complète. La nymphe Echo est déjà condamnée par Juno : après avoir bavardé pour couvrir les infidélités de Jupiter, elle ne peut plus prononcer que les derniers mots d’autrui. Dans la forêt, elle rencontre Narcissus et en tombe amoureuse, mais ne peut que répéter ses derniers mots[2]. Lorsque Narcissus la repousse, ainsi que d’autres personnes qui l’aiment, un admirateur éconduit prie Nemesis de le condamner un jour à aimer sans pouvoir posséder l’objet de son amour. Nemesis exauce sa prière et Narcissus est ensuite attiré par un bassin immobile et argenté où il tombe désespérément amoureux de son reflet[1]. Ovid invite continuellement à éprouver de la compassion pour Echo et la montre faisant tout ce qui est en son pouvoir limité pour exprimer un amour qu’elle ne peut autrement formuler[2].
Un sujet peint avant Waterhouse
Waterhouse était loin d’être le premier grand peintre attiré par ce mythe. Dans la France du dix-septième siècle, Nicolas Poussin a peint sa propre version d’Echo and Narcissus, où Écho se dissout ; selon certaines interprétations, elle disparaît dans le rocher auquel elle s’appuie. Des chercheurs ont relié cette idée en partie à des reprises poétiques antérieures d’Ovide, et non aux seules Métamorphoses[2]. La popularité durable du sujet dans la peinture française a nourri une tradition plus large que les artistes britanniques de la génération de Waterhouse, travaillant à partir de sources littéraires classiques, ont poursuivie jusque dans l’époque victorienne.
La pratique mythologique de Waterhouse
Echo and Narcissus appartient au même ensemble que les autres sujets classiques de Waterhouse. Il s’est principalement formé et exposé à la Royal Academy de Londres. Plusieurs de ses grandes toiles mythologiques, dont celle-ci, ont fini dans des musées régionaux britanniques comme la Walker Art Gallery plutôt que dans les collections nationales de Londres. Au fil de sa carrière, il est passé des sujets d’Homère et d’Ovide à la légende arthurienne et à Tennyson sans se limiter à un thème récurrent. Avec son intérêt pour l’amour non partagé, l’absorption de soi et la perte, Echo and Narcissus s’accorde avec ses autres tableaux de femmes façonnées par le désir, le rejet ou la métamorphose.
Questions courantes
Quelle est l’histoire d’Echo and Narcissus ?
Narcisse était un beau jeune homme qui est tombé amoureux de son reflet dans un bassin et a dépéri à ses côtés. La nymphe Écho, condamnée à ne répéter que les derniers mots d’autrui, l’aimait sans jamais pouvoir le lui dire avec ses propres mots.
Pourquoi Écho ne peut-elle que répéter ce que disent les autres ?
Selon Ovide, Junon a maudit Écho après que la nymphe a bavardé sans cesse pour la distraire et couvrir les infidélités de Jupiter. Elle ne pouvait ensuite répéter que les derniers mots prononcés par autrui.
D’autres peintres ont-ils traité ce sujet avant Waterhouse ?
Oui. Nicolas Poussin a peint sa version d’Echo and Narcissus dans la France du dix-septième siècle, et le sujet est resté apprécié pendant des siècles par les peintres inspirés des sources classiques.
Où Echo and Narcissus est-il conservé aujourd’hui ?
Le tableau est conservé à la Walker Art Gallery de Liverpool.
Ce tableau est disponible en reproduction. Voir la reproduction →
Sources
Le texte éditorial s’appuie sur les références suivantes, vérifiées auprès du musée et dans les données relatives à l’image de cette œuvre dans le domaine public.
- [1] livre Angeliki Pollali and Berthold Hub (eds.), Images of Sex and Desire in Renaissance Art and Modern Historiography Utilisée pour : cette œuvre.
- [2] livre Troy Thomas, Poussin's Women Utilisée pour : cette œuvre.
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