





Ernest Hébert
Peu de peintres français du dix-neuvième siècle furent aussi solidement intégrés au système officiel qu’Ernest Hébert, et rares furent ceux qui le subvertirent aussi discrètement de l’intérieur. Né à Grenoble le 3 novembre 1817[1], il remporta le Prix de Rome en 1839[1] avec une composition représentant la coupe de Joseph trouvée dans le sac de Benjamin. Les années suivantes, en Italie, la lumière et la souffrance de la vie rurale autour de Rome devinrent son sujet de prédilection.

Biographie
Sa toile la plus célèbre, « Mal’aria » (1848[1]-49), aujourd’hui au musée d’Orsay, montre deux jeunes femmes dans une barque sur un étang stagnant, l’une fiévreuse, l’autre la soutenant. Le titre nomme la maladie, mais la force du tableau tient à son immobilité : l’air humide, l’eau immobile, la palette sourde. C’est la peinture académique retournée contre sa propre tendance à l’héroïsme.
Hébert dirigea à deux reprises l’Académie de France à Rome, en 1867[1] puis en 1885, distinction qui le plaça au cœur institutionnel de l’art français pendant un demi-siècle. Il réalisa aussi une mosaïque pour l’abside du Panthéon à Paris. Un musée portant son nom ouvrit près de Grenoble, et un second dans le 6e arrondissement de Paris, où subsistent nombre de ses portraits et tableaux de genre. Il mourut le 5 décembre 1908[1], à 91 ans.
Chronologie
- 1817Né à Grenoble le 3 novembre.
- 1839Remporta le Prix de Rome avec une composition représentant la coupe de Joseph trouvée dans le sac de Benjamin.
- 1848Peignit Mal'aria, qui représente deux jeunes femmes dans une barque sur une mare stagnante.
- 1849Acheva Mal'aria.
- 1867Devint directeur de l’Académie de France à Rome.
- 1885Effectua un second mandat comme directeur de l’Académie de France à Rome.
- 1908Mourut le 5 décembre, à 91 ans.
Œuvres majeures
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Questions fréquentes
Qu’est-ce qui fait la renommée de Ernest Hébert ?
Ernest Hébert est connu pour ses tableaux de la vie rurale autour de Rome, en particulier sa toile célèbre, Mal'aria. Il réalisa également une mosaïque pour l’abside du Panthéon à Paris.Quelle est l’œuvre la plus célèbre de Ernest Hébert ?
Il est difficile de désigner une seule œuvre comme la plus célèbre d’Ernest Hébert. Peintre prolifique, il mena une carrière de plusieurs décennies. Parmi ses œuvres les plus reconnues figurent toutefois La Malaria, qui représente une mère et son enfant dans la campagne romaine, et Les Cervarolles, montrant des femmes de Cervara, en Italie. Son œuvre portait souvent sur la vie paysanne italienne et les thèmes classiques. De son vivant, il fut largement reconnu et occupa des fonctions telles que celle de directeur de l’Académie de France à Rome. Ses tableaux sont conservés dans de nombreux grands musées, dont le Musée d’Orsay à Paris. Même s’il est difficile d’identifier un chef-d’œuvre incontestable, l’ensemble de son œuvre lui a assuré une place dans l’art français du 19e siècle.Que faut-il savoir sur les reproductions de Ernest Hébert ?
Pour comprendre les estampes d’Ernest Hébert, il est utile de connaître quelques termes de base : une « épreuve d’époque » est réalisée à peu près au moment où le négatif est créé. Une « épreuve de période » suit dans les dix à quinze ans. Toute impression ultérieure est appelée « ancienne épreuve », « épreuve moderne » ou « épreuve contemporaine ». Une « estampe originale » est réalisée par l’artiste ou sous sa supervision directe. Un « fac-similé » est une recréation ultérieure qui utilise, dans la mesure du possible, les mêmes méthodes que l’original. Les estampes originales sont souvent réalisées à la main selon des techniques telles que la gravure sur bois, la gravure sur cuivre, la linogravure, l’eau-forte ou la lithographie. L’artiste crée l’œuvre directement sur la plaque, le bloc ou l’écran. Chaque estampe est considérée comme un original. Les reproductions offset utilisent des procédés photochimiques ; les impressions giclées sont apparues plus tard avec la technologie jet d’encre. Les « transferts sur toile » consistent à transférer l’image sur une toile pour lui donner l’apparence d’un tableau. C’est le marché qui décide de ce qui est artistique. Le marché de l’estampe évoque souvent l’« estampe unique ». L’impression peut être une opération complexe, qui nécessite parfois des traitements chimiques. Certains photographes considèrent chaque photo comme unique.À quel style ou mouvement appartenait Ernest Hébert ?
Ernest Hébert (1817[1]–1908[1]) était un peintre académique français associé au romantisme ; plus tard dans sa carrière, son œuvre subit l’influence du naturalisme. Il étudia à l’École des Beaux-Arts de Paris et remporta le Prix de Rome en 1839[1]. Ce prix lui permit d’étudier à l’Académie de France à Rome, où il vécut de nombreuses années. L’Italie et ses habitants apparaissent souvent dans son art. Son style se caractérise par le souci du détail, des figures réalistes et des thèmes souvent sentimentaux ou nostalgiques. Ses tableaux représentent souvent des paysans italiens, des scènes religieuses et des portraits. Il connut un grand succès de son vivant et reçut de nombreuses distinctions officielles. Il occupa également des postes tels que la direction de l’École des Beaux-Arts.Qu’est-ce qui faisait la renommée de Ernest Hébert ?
Ernest Hébert (1817[1]–1908[1]) était un peintre académique français. Il est surtout connu pour ses portraits et ses scènes de genre, qui représentent souvent des paysans italiens. Il étudia à l’École des Beaux-Arts de Paris auprès de Paul Delaroche. En 1839[1], il remporta le Prix de Rome, qui lui permit d’étudier pendant cinq ans à l’Académie de France à Rome. Ce séjour en Italie eut une forte influence sur son style et ses sujets. Ses tableaux offrent souvent des vues idéalisées de la vie rurale, notamment en Italie. Ces œuvres connurent un grand succès auprès du public français. Il occupa également plusieurs postes importants dans le milieu artistique français, dont celui de directeur de l’Académie de France à Rome de 1866 à 1873, puis de 1885 à 1891. Fait intéressant, l’artiste fut caricaturé sous le nom de « M. Hébert » dans un tableau d’Alfred Jarry, élève à Rennes de 1888 à 1891. Jarry représente Hébert comme pompeux et impassible, avec des yeux tombants et un nez bulbeux.Quand Ernest Hébert a-t-il vécu et travaillé ?
Ernest Hébert (1817[1]–1908[1]) était un peintre académique français. En 1839[1], un peintre nommé A.-A.-E. Hébert remporta le premier prix ; il s’agissait probablement d’Ernest Hébert. La Galerie du Luxembourg fut créée en 1818 comme musée consacré aux artistes français vivants. Les œuvres y restaient de cinq à dix ans seulement après la mort de l’artiste, puis entraient au Louvre ou dans un musée provincial approprié. La règle fut appliquée de façon irrégulière : nombre d’œuvres restèrent dans les collections du Luxembourg longtemps après la mort d’artistes plus célèbres. Les tableaux restants furent dispersés en 1937. La révolution de Juillet força Charles X à abdiquer en 1830. Louis-Philippe d’Orléans fut élu roi. Les Salons eurent lieu chaque année à partir de 1831.Où puis-je voir les œuvres de Ernest Hébert ?
Les tableaux d’Ernest Hébert sont visibles dans des musées en France. À Paris, on peut notamment les voir au Musée d’Orsay, au Musée du Louvre, au Musée des Arts décoratifs, au Musée national d’Art moderne (Centre Georges Pompidou), au Musée du Petit Palais et au Musée Gustave Moreau. Hors de Paris, son œuvre est présentée au Musée des Beaux-Arts de Nantes, au Musée Fabre de Montpellier, aux Musées des Beaux-Arts de Dijon, de Rennes et de Rouen, ainsi qu’au Musée de Peinture et de Sculpture de Grenoble. Parmi les autres lieux figurent le Musée Crozatier au Puy, le Musée des Beaux-Arts Jules Chéret à Nice et le Musée des Augustins à Toulouse.D’où venait Ernest Hébert ?
Ernest Hébert était français. Étienne Aubry, peintre connu pour ses scènes de la vie quotidienne, venait de Versailles. Il se forma à Paris auprès de Jacques-Augustin Silvestre et de Joseph-Marie Vien. Aubry fut admis comme portraitiste à l’Académie Royale de Peinture et de Sculpture en 1775. Jean-Antoine Houdon, sculpteur néoclassique, naquit lui aussi à Versailles. Il étudia à la Royal Academy de Paris et remporta le prix de Rome en 1761. Il partit en Italie en 1764 et y resta quatre ans pour étudier l’art classique. Jean Aubert était un architecte et décorateur français. Il conçut les écuries de Chantilly pour Louis-Henri de Bourbon, prince de Condé. Il dessina aussi les intérieurs du Petit Château de Chantilly et de l’Hôtel Peyrenc de Moras à Paris, aujourd’hui Musée Rodin. Nicolas Robert naquit à Paris le 22 mai 1733.Qui a été influencé par Ernest Hébert ?
Il est difficile d’identifier des artistes précis directement influencés par Ernest Hébert. L’influence est un phénomène complexe ; comme l’écrivit le poète Charles Baudelaire : « L’imitateur de l’imitateur trouve ses propres imitateurs. » Certains théoriciens avancent que l’originalité est « l’intersection singulière de multiples influences, une combinaison qu’un seul artiste peut réaliser ». Bien que les liens directs soient difficiles à établir, le milieu artistique dans lequel évoluait Hébert apporte un contexte. Au 19e siècle, la notion d’originalité artistique changea. Des artistes indépendants remirent en cause les normes académiques ; certains maîtres d’atelier, comme Charles Gleyre et Thomas Couture, promurent de nouvelles méthodes. Couture, qui n’appartenait pas à l’Académie, encourageait ses élèves à travailler vite et spontanément. Son élève le plus célèbre fut Édouard Manet, qui assimila ses approches non conventionnelles de la lumière, de l’ombre et de la facture. Ainsi, même si l’influence précise d’Hébert n’est pas documentée, il faisait partie d’un milieu qui valorisait l’expression individuelle et influença de nombreux artistes.Qui était Ernest Hébert ?
Alfred Jarry (1873[1]–1907[1]) était un écrivain et peintre français. Bien qu’il soit connu pour ses tableaux, il est surtout célèbre comme auteur de la pièce *Ubu Roi* (1896). Celle-ci s’inspire de la scolarité de Jarry à Rennes, de 1888 à 1891 et caricature l’un de ses professeurs, un M. Hébert. Un tableau de jeunesse de Jarry, *M. Hébert, professeur de physique* (vers 1888–91), dépeint M. Hébert comme l’incarnation de la prétention. De 1891 à 1893, Jarry étudia à l’École Normale Supérieure de Paris. Il fréquenta les symbolistes et se rendit aux salons littéraires de Stéphane Mallarmé. En 1894, il publia avec Remy de Gourmont un périodique artistique richement illustré, *L'Imagier*, qui attira l’attention d’artistes tels qu’Henri Rousseau. Les œuvres de Jarry, par leur intention blasphématoire, influencèrent Guillaume Apollinaire, André Breton et Antonin Artaud, et marquèrent les mouvements du vingtième siècle, dont le dadaïsme et le surréalisme, ainsi que le théâtre de l’absurde.Quel était le style artistique de Ernest Hébert ?
Le style d’Ernest Hébert est académique, mais comporte un élément subversif. Son tableau Mal'aria en témoigne : il emploie des techniques académiques pour représenter une scène d’immobilité et de souffrance plutôt que d’héroïsme.
Sources
Le texte éditorial s’appuie sur les références primaires et tertiaires suivantes concernant Ernest Hébert.
- [1] Wikipédia Wikipedia: Ernest Hébert Utilisée pour : biographie, dates de naissance, dates de décès, identifiants, rattachement à un mouvement, nationalité.
- [2] livre Harding, James, Artistes pompiers : French academic art in the 19th century Utilisée pour : biographie.
- [3] livre Allison Lee Palmer, Historical Dictionary of Neoclassical Art and Architecture Utilisée pour : biographie.
- [4] livre Ross King, The Judgment of Paris Utilisée pour : analyse stylistique.
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