


Daniël Dupré
Dans une aquarelle de la Grotte de la nymphe Égérie à Rome, Daniël Dupré s’est placé au centre de la composition : une petite silhouette, carnet de croquis à la main, éclipsée par la végétation et les pierres antiques qui l’entourent. Il s’agit d’un autoportrait inhabituellement franc pour l’époque, qui saisit un aspect essentiel de sa pratique, toujours consacrée à représenter les lieux plutôt qu’à s’imposer à eux.

Biographie
Né à Amsterdam le 20 décembre 1751[1], Dupré s’est d’abord formé auprès du paysagiste Johannes van Dregt, puis à la Stadstekenacademie auprès de Jurriaan Andriessen. Il a effectué ses premiers voyages d’étude le long du Rhin et en Suisse et en Allemagne, avant que les autorités d’Amsterdam lui accordent une bourse en 1786[1] pour se rendre en Italie et perfectionner ses compétences de dessinateur paysagiste. Il a passé quatre ans dans la péninsule, travaillant à Rome, Naples, Tivoli, Sorrente, Capri et Civita Castellana, avant de rentrer chez lui en 1790.
Les années italiennes lui ont fourni ses sujets. Sa production était dominée par des vues architecturales et des paysages atmosphériques à l’aquarelle, un médium qu’il maîtrisait avec beaucoup de délicatesse. Des œuvres comme Vue de Civita Castellana et Paysage arcadien au soleil couchant, aujourd’hui toutes deux au Rijksmuseum d’Amsterdam, montrent sa capacité à créer une atmosphère par des lavis soigneusement dégradés, en saisissant la qualité de la lumière dans la campagne romaine et la grandeur mélancolique des ruines antiques.
Dupré a passé le reste de sa vie à Amsterdam, où il est mort le 4 juin 1817[1]. Son œuvre appartient à une génération d’artistes néerlandais qui sont partis étudier dans le Sud et ont rapporté un goût pour la lumière italienne et les paysages classiques, qui allait persister dans la peinture d’Europe du Nord jusqu’au dix-neuvième siècle.
Chronologie
- 1751Né à Amsterdam le 20 décembre.
- 1786A reçu une bourse des autorités d’Amsterdam pour se rendre en Italie et perfectionner ses compétences de dessinateur paysagiste.
- 1790Est rentré à Amsterdam après avoir passé quatre ans en Italie, travaillant à Rome, Naples, Tivoli, Sorrente, Capri et Civita Castellana.
- 1790A réalisé Vue de Civita Castellana.
- 1790A réalisé Paysage arcadien au soleil couchant.
- 1817Mort à Amsterdam le 4 juin.
Œuvres majeures
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Questions fréquentes
Qu’est-ce qui fait la renommée de Daniël Dupré ?
Daniël Dupré est connu pour ses vues architecturales et ses paysages atmosphériques à l’aquarelle. Des œuvres telles que Vue de Civita Castellana et Paysage arcadien au soleil couchant témoignent de son talent pour saisir la lumière de la campagne romaine et la grandeur des ruines antiques.Que faut-il savoir sur les reproductions de Daniël Dupré ?
Daniël Dupré faisait partie d’un marché de l’art plus vaste à Amsterdam au 17e siècle. À cette époque, la ville était un centre de collection et de commerce d’art ; des artistes comme Rembrandt fréquentaient les boutiques d’estampes, les ventes aux enchères et les ventes privées pour acquérir des œuvres. Les collectionneurs cherchaient souvent à réunir des œuvres sur papier, notamment des estampes et des dessins de maîtres comme Dürer et Lucas van Leyden. Les collections d’estampes et de dessins étaient dispersées après la mort de leur propriétaire. Joachim von Sandrart, collectionneur à Amsterdam, vendit sa collection aux enchères en 1645 ; elle comprenait une grande quantité d’œuvres sur papier. Rembrandt achetait et vendait également des œuvres, témoignant de ses intérêts et de ses activités de marchand. Sa collection comprenait des estampes de divers artistes et plusieurs épreuves d’œuvres de Dürer, probablement destinées à la revente. Ces estampes étaient réunies dans des livres d’art, avec des recueils consacrés aux artistes italiens et allemands.À quel style ou mouvement appartenait Daniël Dupré ?
Daniël Dupré était un peintre du Siècle d’or néerlandais. À cette époque, la notion de mouvement physique intéressait beaucoup les artistes, qui cherchaient à le représenter et à organiser les figures dans un plan. Certains suivaient le modèle italien et se concentraient sur les procédés régissant le mouvement et la ligne. D’autres exploraient les possibilités de mouvement du corps humain, non pour elles-mêmes, mais parce qu’elles permettaient d’exprimer physiquement des états intérieurs. Le portrait de groupe aux Pays-Bas obéissait alors à ses propres conventions. Les artistes représentaient le mouvement physique et disposaient les figures dans un plan. Certains suivaient le modèle italien, en se concentrant sur les procédés régissant le mouvement et la ligne. D’autres s’intéressaient aussi aux possibilités de mouvement du corps humain, non pour elles-mêmes, mais pour leur capacité à exprimer physiquement des sentiments intérieurs. À Amsterdam, Pieter Isaacsz. était le principal représentant du premier groupe et Aert Pietersz. du second.Quelles techniques ou quels matériaux étaient utilisés par Daniël Dupré ?
Les techniques de Daniël Dupré reposaient sur une approche picturale par couches. Il commençait par une sous-couche cramoisie, parfois visible à travers les couches finales. Pour le fond, il créait un noir dense en superposant de la peinture à l’huile, des cendres, du sable et de la poussière de charbon. Il appliquait au moyen d’une large spatule un mélange épais de peinture couleur crème. Puis, à l’aide d’un pinceau fin, il déposait de la peinture noire diluée et de la térébenthine dans les sillons creusés par la spatule. Il ajoutait ensuite des touches de rouge cramoisi pur sur les lignes noircies. Dupré utilisait abondamment le couteau à palette, non seulement pour « dessiner », mais aussi pour révéler par endroits la couleur claire de la toile apprêtée. Cette méthode rappelle l’emploi par Dubuffet de la *haute pâte*, mélange épais de peinture à l’huile, de térébenthine, de lavis colorés et de matériaux granuleux.Où puis-je voir les œuvres de Daniël Dupré ?
Les œuvres de Daniël Dupré sont visibles dans de nombreux musées et galeries, notamment au musée du Louvre à Paris, qui possède un département de peinture et un département des arts graphiques. Parmi les autres lieux en France figurent le Musée des Beaux-Arts de Nancy et le Musée d’Art et d’Industrie de Roubaix. La Belgique conserve également des œuvres de Dupré, par exemple au musée Brangwyn de Bruges et aux Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique, à Bruxelles. Hors d’Europe, des collections susceptibles de comprendre ses œuvres se trouvent notamment à l’Art Gallery of New South Wales, à Sydney, en Australie. Au Royaume-Uni, Towneley Hall Art Gallery, à Burnley, et la National Gallery of Scotland, à Édimbourg, sont également des lieux possibles. Cette liste n’est pas exhaustive ; les collections peuvent évoluer, il est donc conseillé de consulter directement les sites ou catalogues des musées.D’où venait Daniël Dupré ?
Daniël Dupré était néerlandais. Aelbert Cuyp, peintre de Dordrecht, ville de la province de Hollande-Méridionale, est né en 1620. Comme son père, Jacob Gerritsz. Cuyp, Aelbert est né et a travaillé à Dordrecht. Ses tableaux témoignent d’une ampleur de vision tout à fait originale. Aert de Gelder, un autre peintre, était lui aussi originaire de Dordrecht. Frans Hals, qui reflétait la vitalité du pays, s’est installé à Haarlem dans sa jeunesse. Il a étudié auprès de Karel van Mander et y a passé le reste de sa vie. Hals a formé certains des plus grands jeunes peintres néerlandais. Jan van Goyen a passé la première moitié de sa vie professionnelle dans sa ville natale de Leyde, et la seconde à La Haye. Il a étudié auprès de plusieurs maîtres, dont Esaias van de Velde, et a beaucoup voyagé aux Pays-Bas et à l’étranger.Qui a influencé Daniël Dupré ?
Le parcours artistique de Daniël Dupré fut marqué par plusieurs influences. Au début, son père, Jacob Gerritsz, lui enseigna la peinture. Il fut également élève d’Abraham Bloemaert. Toutefois, l’influence la plus importante vint de l’étude des œuvres de Jan van Goyen, notamment de ses harmonieuses tonalités jaune doré, devenues un trait distinctif de l’art de Dupré. Plus tard dans sa carrière, après 1660, le style italianisant devint plus manifeste dans son travail. Il comprenait le style pastoral classique popularisé par Jan Both. Cette influence italienne élargit sa gamme chromatique et introduisit dans ses tableaux des ruines antiques, des montagnes, des rochers et des bergers idylliques. En raison de sa manière de traiter la lumière, Dupré fut surnommé le « Claude Lorrain hollandais ».Pourquoi les œuvres de Daniël Dupré sont-elles importantes aujourd’hui ?
Daniël Dupré s’inscrivait dans un regain d’intérêt, au dix-neuvième siècle, pour l’histoire et l’identité nationales néerlandaises. Cette période fut marquée par une étude plus poussée de l’histoire des Pays-Bas et par le désir de célébrer les héros et artistes nationaux. La construction de monuments dédiés à des figures importantes, comme Rembrandt et Joost van den Vondel, reflète ce sentiment. Vondel fut même proclamé poète national. Cet intérêt s’étendait aux monuments funéraires : les tombeaux de figures comme les amiraux Michel de Ruyter et Maerten Tromp étaient honorés. L’œuvre de Dupré s’inscrit dans ce mouvement général. La révolte de la République néerlandaise contre l’absolutisme, son triomphe du protestantisme et son soulèvement national contre l’oppression étrangère demeuraient des sources d’inspiration. Bien que la République néerlandaise eût perdu son statut de grande puissance au dix-neuvième siècle, certains aspects de son histoire continuaient de résonner. Les accomplissements culturels du Siècle d’or commencèrent à éclipser ceux de l’économie et de la politique.Quel était le style artistique de Daniël Dupré ?
Daniël Dupré maniait l’aquarelle avec beaucoup de délicatesse. Il créait une atmosphère au moyen de lavis soigneusement dégradés, captant ainsi la qualité de la lumière.Comment Daniël Dupré est-il mort ?
La mort de Daniël Dupré est survenue en 1817[1] à l’âge de 66 ans.
Sources
Le texte éditorial s’appuie sur les références primaires et tertiaires suivantes concernant Daniël Dupré.
- [1] Wikipédia Wikipedia: Daniël Dupré Utilisée pour : biographie, dates de naissance, dates de décès, identifiants, rattachement à un mouvement, nationalité.
- [2] livre Allison Lee Palmer, Historical Dictionary of Neoclassical Art and Architecture Utilisée pour : biographie.
- [3] livre Palmer, Allison Lee, Historical Dictionary of Neoclassical Art and Architecture Utilisée pour : analyse stylistique.
- [4] livre Masterpieces of western art : a history of art in 900 individual studies from the Gothic to the present day Utilisée pour : biographie.
- [5] livre Metropolitan Museum Of Art, Metropolitan Museum Of Art - Dutch Painting, the Golden Age_ an Exhibition of Dutch Pictures of the Seventeenth Century, under the High Patronage of Her Majesty the Queen of the Netherlands - Metropolitan Museum of Art, Toledo Museum of Art, Art Utilisée pour : biographie.
- [6] livre Hochstrasser, Julie, Still life and trade in the Dutch golden age Utilisée pour : biographie, analyse stylistique.
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