



Beatrice Wood
Beatrice Wood résumait un jour le secret de sa longévité par ces mots : « les livres d’art, le chocolat et les jeunes hommes ». Elle est morte à Ojai, en Californie, en 1998[1], à l’âge de 105 ans. Née à San Francisco en 1893[1] dans une famille de riches mondains, puis formée à l’Académie Julian de Paris, elle a commencé sa carrière comme actrice, jouant dans soixante pièces à New York avant de délaisser la scène pour l’art.

Biographie
En 1916[1], elle a rencontré Marcel Duchamp et Henri-Pierre Roché à New York, et tous trois sont devenus inséparables. Ils ont coédité les revues dadaïstes éphémères The Blind Man et Rongwrong. Wood faisait partie des rares personnes qui savaient à l’avance que Duchamp avait soumis en 1917 un urinoir en porcelaine à la Society of Independent Artists, sous le pseudonyme de R. Mutt. Elle a ensuite donné le récit écrit le plus détaillé de sa découverte et de son rejet. Le cercle d’Arensberg, qu’elle fréquentait librement, l’appelait « Mama of Dada[1] ».
La céramique est arrivée presque par hasard. Vers 1940[1], cherchant une théière assortie à des assiettes baroques à glaçure lustrée, elle s’est inscrite à un cours de céramique à Hollywood High School. Ce cours est devenu une obsession de soixante ans. Elle a étudié auprès de Gertrud et Otto Natzler et développé une technique personnelle de glaçures métalliques lustrées, qui a fait entrer son œuvre dans les collections du Metropolitan Museum of Art, du Smithsonian, du MoMA et du Brooklyn Museum. En 1948, elle s’est installée à Ojai pour se rapprocher du philosophe J. Krishnamurti et y est restée jusqu’à la fin de sa vie.
James Cameron a lu son autobiographie de 1985[1], I Shock Myself, en préparant son film Titanic de 1997 ; elle a contribué à inspirer le personnage de Rose âgée.
Chronologie
- 1893Née à San Francisco dans une famille de riches mondains.
- 1916Rencontre Marcel Duchamp et Henri-Pierre Roché à New York et se lie étroitement avec eux.
- 1917Coédite les revues dadaïstes The Blind Man et Rongwrong.
- 1940S’inscrit à un cours de céramique à Hollywood High School, marquant le début de sa carrière dans ce domaine.
- 1948S’installe à Ojai, en Californie, pour se rapprocher du philosophe J. Krishnamurti.
- 1985Publie son autobiographie, I Shock Myself.
- 1997Son autobiographie contribue à inspirer le personnage de Rose âgée dans le film Titanic de James Cameron.
- 1998Meurt à Ojai, en Californie, à l’âge de 105 ans.
Œuvres majeures
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Questions fréquentes
Qu’est-ce qui fait la renommée de Beatrice Wood ?
Beatrice Wood est connue pour ses céramiques, en particulier sa méthode de glaçure à lustre métallique. Ses œuvres sont conservées au Metropolitan Museum of Art, au Smithsonian, au MoMA et au Brooklyn Museum.Quelle est l’œuvre la plus célèbre de Beatrice Wood ?
Il est difficile de désigner une œuvre unique comme la plus célèbre de Beatrice Wood, dont la notoriété repose sur une carrière longue, féconde et variée. Elle est surtout connue pour ses céramiques, en particulier ses pièces à lustre. Celles-ci présentent souvent des glaçures irisées, à l’aspect distinctif et saisissant. Sa production comprend également dessins, peintures et sculptures. Des œuvres sont conservées dans les collections du Guggenheim Museum. Elle fut associée au dadaïsme au début de sa carrière et devint plus tard une personnalité publique en raison de son statut d’artiste et de son caractère. Ses liens avec Marcel Duchamp et Henri-Pierre Roché, ainsi que son personnage dans le roman *Jules et Jim*, contribuèrent également à sa notoriété.À quel style ou mouvement appartenait Beatrice Wood ?
Beatrice Wood est associée au dadaïsme, réaction artistique et culturelle internationale à la Première Guerre mondiale. Le mouvement naquit dans la Zurich neutre en 1916[1], fondé par des réfugiés de la guerre, puis se répandit rapidement en France, en Allemagne et aux États-Unis. Le nom « Dada[1] » était un mot sans signification, reflet du rejet de la raison et de l’ordre par le mouvement. Les artistes dadaïstes voulaient choquer et dénoncer ce qu’ils considéraient comme une descente dans la folie. Le dadaïsme englobait de nombreuses formes d’expression : poèmes absurdes, performances, collage, photomontage et emploi d’objets trouvés. Marcel Duchamp, par exemple, créa des « ready-made » en désignant comme art des objets manufacturés ordinaires. Le rejet des conventions traditionnelles s’étendait à la reproduction libre des œuvres et à la fantaisie, au jeu et au sarcasme. Comme le disait Jean Arp, le dadaïsme cherchait « à détruire les impostures de la raison et à découvrir un ordre déraisonné ».Quelles techniques ou quels matériaux étaient utilisés par Beatrice Wood ?
Beatrice Wood était une artiste américaine connue pour ses céramiques, en particulier ses faïences à glaçure lustre. Elle réalisa également des dessins et des peintures. Pour ses céramiques, elle privilégiait une approche directe, très manuelle. Elle affectionnait les formes simples, souvent inspirées de l’art populaire et des poteries anciennes. Sa technique emblématique consistait à appliquer des sels métalliques à la glaçure afin de créer une surface irisée singulière. Cet effet de lustre, qui rappelle la majolique de la Renaissance, donnait à ses pièces un caractère unique. Elle accueillait spontanéité et improvisation, intégrant parfois des imperfections à l’œuvre achevée. Sa pratique de la peinture et du dessin était tout aussi libre. Elle employait divers médiums, dont l’aquarelle et l’encre, pour créer des images fantaisistes et souvent humoristiques.À quelle époque Beatrice Wood a-t-elle vécu et travaillé ?
Beatrice Wood naquit en 1893[1] à San Francisco, en Californie. Sa carrière, longue et féconde, se poursuivit jusqu’à sa mort à Ojai, en Californie, en 1998[1], à l’âge de 105 ans. Elle participa au mouvement dada à New York et cofonda en 1917[1] la revue *The Blind Man* avec Marcel Duchamp et Henri-Pierre Roché. Peintre et céramiste, elle est surtout connue pour ses poteries à lustre, qu’elle commença à produire dans les années 1930. Son travail faisait souvent appel à l’humour et au commentaire social. Elle était également écrivaine et publia son autobiographie, *I Shock Myself*, en 1985. Wood voyagea beaucoup et puisa son inspiration dans diverses cultures et traditions artistiques. Elle resta active comme artiste tout au long de sa longue vie, et ses œuvres sont conservées dans de nombreux musées.Où puis-je voir les œuvres de Beatrice Wood ?
Les œuvres de Beatrice Wood peuvent être vues dans plusieurs musées à travers le monde. Aux États-Unis, on en trouve notamment au Los Angeles County Museum of Art (LACMA), au Metropolitan Museum of Art de New York, au Minneapolis Institute of Arts, au Museum of Modern Art de New York, au Virginia Museum of Fine Arts de Richmond et au Wolfsonian de la Florida International University à Miami Beach. Le Charles Hosmer Morse Museum of American[1] Art de Winter Park, en Floride, conserve également des œuvres pertinentes. Au Canada, le Royal Ontario Museum de Toronto en expose. Parmi les musées britanniques qui possèdent ses œuvres figurent le Bakelite Museum de Williton, le Brighton Museum & Art Gallery, le Geffrye Museum et le Victoria & Albert Museum de Londres, le Manchester Art Gallery et les National Museums of Scotland d’Édimbourg. On peut également en voir au Bauhaus-Archiv de Berlin, au Bauhaus Museum de Weimar, au Zentrum Paul Klee de Berne, au Busch-Reisinger Museum de Cambridge (Massachusetts), à l’Utsunomiya Museum of Art au Japon et à la Misawa Bauhaus Collection de Tokyo.De quelle région Beatrice Wood était-elle originaire ?
Beatrice Wood était originaire de San Francisco. Sa jeunesse semble avoir été animée : un récit évoque une jeune San-Franciscaine qui, après avoir rencontré Marcel Duchamp et Henri-Pierre Roché à New York, a eu des relations avec les deux. Elle a d’abord été la maîtresse de Roché, puis celle de Duchamp après le départ de Roché. Comme Roché, Wood est devenue mémorialiste. Ses écrits sont considérés comme un témoignage précieux sur les activités du cercle d’Arensberg. Duchamp était arrivé à New York en 1915[1] ; Walter Pach l’avait accueilli et avait organisé son séjour chez Walter et Louise Arensberg. Leur appartement est rapidement devenu un centre de l’avant-garde internationale. Duchamp était déjà célèbre dans la ville depuis le scandale provoqué deux ans plus tôt par sa peinture *Nu descendant un escalier* à l’Armory Show de 1913.Qui a été influencé par Beatrice Wood ?
Beatrice Wood appartenait au mouvement dadaïste new-yorkais. L’influence du dadaïsme se prolongea chez les générations suivantes d’artistes, même si elle ne fut pas toujours bien accueillie. Le terme « néodadaïsme » apparut à la fin des années 1950[1], mais certains artistes le jugeaient péjoratif. L’orientation « anti-art » du dadaïsme influença une autre génération pendant la guerre froide. En 1959, Robert Rauschenberg découvrit l’œuvre de Kurt Schwitters et eut l’impression qu’elle avait été créée spécialement pour lui. L’emploi de matériaux bruts était important pour Josef Beuys. Les publications des médias de masse fournirent des matériaux pour l’art pop de Richard Hamilton et James Rosenquist. Le style graffiti de George Grosz influença Jean-Michel Basquiat. Déterminer les influences peut être délicat : des critiques ou des historiens de l’art peuvent parfois en relever qui n’existent pas. Les marchands d’art ont intérêt à présenter leurs artistes comme des figures influentes, ce qui peut stimuler les ventes. Lucy Lippard soutenait qu’une grande partie de l’art contemporain américain avait ses propres racines, distinctes de Duchamp et du dadaïsme européen. Selon elle, les historiens de l’art se sentaient obligés de présenter Duchamp comme un père fondateur.Qui a influencé Beatrice Wood ?
Beatrice Wood, née en 1893[1], figure dans des listes d’artistes associés à Marcel Duchamp (né en 1887), Constantin Brâncuși (né en 1876) et Alexander Calder (né en 1898[1]). Ces artistes sont également liés à Sophie Taeuber-Arp (née en 1889), Piet Mondrian (né en 1872), Joan Miró (né en 1893) et Max Ernst (né en 1891). Parmi les artistes associés à Calder figurent aussi Fernand Léger (né en 1881) et Sonia Delaunay-Terk (née en 1885). Brâncuși est également associé à Henri Matisse (né en 1869) et Georgia O’Keeffe (née en 1887). Duchamp est lié à Mondrian et à Max Ernst. Ces listes suggèrent un réseau de relations et d’influences artistiques entre ces figures. Plusieurs noms reviennent souvent dans ces réseaux, notamment Paul Cézanne, Vincent van Gogh, Wassily Kandinsky et Georgia O’Keeffe.Qui était Beatrice Wood ?
Beatrice Wood (1893[1]-1998[1]) était une artiste et écrivaine américaine associée au mouvement dada. Elle est surtout connue pour ses céramiques et sa participation aux cercles d’avant-garde new-yorkais des années 1910[1] et 1920. À New York, elle se rapprocha de Marcel Duchamp et de son entourage. Avec Duchamp et Henri-Pierre Roché, elle codirigea *The Blind Man*, revue éphémère qui défendait l’approche « anti-rétinienne » de Duchamp. La revue publia la photographie de Stieglitz représentant *Fountain*, le ready-made refusé, ainsi qu’un article qui le défendait. Les mémoires de Wood racontent le cercle Arensberg, composé d’artistes et d’écrivains qui soutenaient l’art moderne. Elle eut des liaisons avec Roché et Duchamp. Plus tard, elle s’installa à Ojai, en Californie, où elle créa un atelier et continua à produire des céramiques. Elle se fit connaître pour ses émaux à lustre et ses recherches sur la forme. Elle écrivit également une autobiographie, *I Shock Myself*, dans laquelle elle revient sur sa vie et son parcours artistique.Pourquoi les œuvres de Beatrice Wood sont-elles importantes aujourd’hui ?
Beatrice Wood compte parmi les figures du dadaïsme new-yorkais et est reconnue pour sa céramique. Née en 1893[1], elle vécut jusqu’à 105 ans. Elle fréquenta Marcel Duchamp et Henri-Pierre Roché et laissa des mémoires sur le cercle Arensberg. Avec Duchamp et Roché, elle dirigea *The Blind Man*, revue éphémère. La revue publia la photographie par Alfred Stieglitz de la « Fountain » de Duchamp, un urinoir soumis sous le pseudonyme R. Mutt à une exposition de la Society of Independent Artists. La photographie portait la légende « L’œuvre refusée par les indépendants ». Dans son article pour *The Blind Man*, Duchamp affirmait qu’il importait peu que Mutt ait fabriqué la fontaine : il l’avait choisie. Après son implication dans le dadaïsme, Wood se fit connaître pour ses céramiques.Quel était le style artistique de Beatrice Wood ?
Vers 1940[1], Beatrice Wood a commencé à suivre des cours de céramique et a développé une technique personnelle de glaçures métalliques lustrées.
Sources
Le texte éditorial s’appuie sur les références primaires et tertiaires suivantes concernant Beatrice Wood.
- [1] Wikipédia Wikipedia: Beatrice Wood Utilisée pour : biographie, dates de naissance, dates de décès, identifiants, rattachement à un mouvement, nationalité.
- [2] livre Amedeo Modigliani, Delphi Complete Paintings of Amedeo Modigliani (Illustrated) (Delphi Masters of Art Book 27) Utilisée pour : biographie.
- [3] livre Jed Rasula, Destruction Was My Beatrice Utilisée pour : biographie, analyse stylistique.
- [4] livre guggenheim-acquisitionsof1900reba Utilisée pour : biographie.
- [5] livre guggenheim-guhe00solo Utilisée pour : biographie.
- [6] livre Witham, Larry; , Picasso and the Chess Player Utilisée pour : biographie, analyse stylistique.
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