
Horse Devoured by a Lion
Tate, London
Cheval dévoré par un lion appartient à une série de tableaux à laquelle George Stubbs est revenu tout au long de sa carrière : un cheval blanc, dans une nature sauvage, attaqué par un lion. Stubbs a vu lui-même cette scène. En rentrant de Rome par bateau en 1755, il a assisté à l’attaque d’un cheval par un lion lors d’une escale au Maroc. Il y est ensuite revenu en peinture pendant des décennies[1]. Aujourd’hui, il est surtout considéré comme le meilleur peintre de chevaux de l’art anglais, une réputation fondée sur un véritable travail scientifique : il a lui-même disséqué des chevaux pendant de longues années et publié ses observations en 1766 dans Anatomie du cheval. Des critiques ont comparé la rigueur de cet ouvrage aux études anatomiques de Léonard de Vinci[2]. Les tableaux du lion et du cheval se distinguent de sa production habituelle, composée de portraits commandés par des propriétaires de chevaux de course primés. Stubbs a construit ces scènes pour susciter l’horreur et la crainte plutôt que l’admiration. Des auteurs sur son œuvre comptent cette série parmi les images majeures de l’imaginaire romantique dans l’art britannique du dix-huitième siècle, assez intense pour être directement comparée à Goya ou à Géricault[2]. Il travaillait à une époque marquée par la retenue néoclassique, mais ce sujet récurrent montre qu’il recherchait déjà la terreur et le sublime qui allaient définir le romantisme, des décennies avant qu’il ne devienne un mouvement plus large.


Provenance
Conservé à la Tate, à Londres.
Une scène observée puis peinte pendant des décennies
Le sujet ne venait ni de l’imagination ni d’une source littéraire. Stubbs a vu un lion attaquer un cheval lors d’une escale au Maroc, sur le chemin du retour de Rome en Angleterre par bateau en 1755. Le souvenir est resté assez vif pour devenir l’un de ses sujets les plus récurrents[1]. Il est revenu à la composition dans une série de tableaux plutôt que de s’arrêter à une version définitive, faisant varier d’une toile à l’autre la pose du cheval et l’obscurité environnante tout en conservant la confrontation de base : un cheval blanc face à un lion sombre dans une nature sauvage.
L’anatomiste derrière la peinture
Stubbs a acquis sa réputation de peintre de chevaux à force de travail. Il a lui-même disséqué des chevaux pendant des années, dans le cadre d’un labeur méthodique et pénible. Ses études anatomiques, assez détaillées et rigoureuses, ont été rapprochées par des critiques ultérieurs des dissections de Léonard de Vinci, pour leur association de rigueur scientifique et d’intelligence visuelle[2]. Il en a publié les résultats en 1766 sous le titre Anatomie du cheval. Il s’était déjà installé à Londres et était rapidement devenu le principal peintre de chevaux du pays ; ses portraits représentaient généralement un animal nommé avec son propriétaire ou son palefrenier[1]. Cette connaissance anatomique, issue d’années de dissections peu glorieuses plutôt que de la seule observation, rend crédibles les muscles et la terreur du cheval dans les tableaux d’attaque du lion, au lieu de les rendre simplement dramatiques.
Conçu pour effrayer, pas pour flatter
Stubbs tirait la majeure partie de ses revenus des portraits commandés de chevaux précis et nommés par leurs propriétaires, fiers de leur champion ou d’un précieux étalon. Les tableaux du lion et du cheval sont d’une tout autre nature : ils sont faits pour provoquer la peur plutôt que l’admiration. Dans une version bien documentée de 1770, proche de cette toile par son esprit, les pattes puissantes et sombres du lion s’enfoncent presque sans effort dans le dos du cheval tandis que les nuages d’orage s’amassent. La scène est délibérément conçue pour produire ce que la théorie esthétique de l’époque appelait le sublime, une horreur vécue par le spectateur à distance sûre[1]. Le cheval blanc incarne la bonté et la vulnérabilité face à la noirceur du lion : ce contraste moral se superpose à une scène que Stubbs avait réellement observée.
Questions courantes
George Stubbs a-t-il vraiment vu un lion attaquer un cheval ?
Oui. Il a assisté à la scène au Maroc en 1755, lorsque son bateau y a fait escale pendant le retour de Rome en Angleterre. Il est revenu au sujet dans plusieurs tableaux au cours des décennies suivantes.
Pourquoi Stubbs est-il connu comme peintre de chevaux ?
Il a disséqué des chevaux pendant des années et publié ses observations dans Anatomie du cheval en 1766. La rigueur scientifique de l’ouvrage a été comparée aux études anatomiques de Léonard de Vinci et a contribué à l’exactitude des chevaux qu’il a ensuite peints.
Ce tableau est-il typique de l’œuvre de Stubbs ?
Non. La majeure partie de ses revenus provenait de portraits commandés de chevaux de course nommés et primés, réalisés pour leurs propriétaires. Les tableaux du lion et du cheval constituent un sujet récurrent à part, destiné à susciter l’horreur plutôt que l’admiration.
Où Cheval dévoré par un lion se trouve-t-il aujourd’hui ?
Il est conservé à la Tate, à Londres.
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Sources
Le texte éditorial s’appuie sur les références suivantes, vérifiées auprès du musée et dans les données relatives à l’image de cette œuvre dans le domaine public.
- [1] livre Penelope J.E. Davies, Walter B. Denny, Frima Fox Hofrichter, Joseph Jacobs, Ann S. Roberts, David L. Simon, Janson's History of Art_ The Western Tradition (8th Edition) Utilisée pour : cette œuvre.
- [2] livre Robert Hughes, Nothing If Not Critical Utilisée pour : cette œuvre.
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