



Emma Amos
- art féministe
- Postmodernisme
Seule femme du groupe Spiral. Ce fait marque la carrière d’Emma Amos dès ses débuts. Fondé en 1963[1] par des artistes afro-américains qui répondaient au mouvement des droits civiques, Spiral compte parmi ses membres Romare Bearden, Norman Lewis et Hale Woodruff. Woodruff présente Amos au groupe à 23 ans, faisant d’elle sa première et unique membre. Elle contribue à l’exposition de Christopher Street en 1965 avec une gravure intitulée Without a Feather Boa, titre à l’ironie précise qui caractérise toute son œuvre.

Biographie
Née à Atlanta en mars 1937[1], Amos étudie à l’Antioch College, dans l’Ohio, puis part à Londres en 1959[1] pour obtenir un certificat de gravure à la Central School of Art and Design. C’est là, auprès d’Anthony Harrison, qu’elle travaille sérieusement pour la première fois à l’huile : une origine inattendue pour une artiste si fortement associée à la scène new-yorkaise. Elle obtient un MA à NYU en 1966 et enseigne pendant de nombreuses années à la Mason Gross School of the Arts de Rutgers University.
À maturité, son travail mêle gravure, peinture et textile. Elle réalise de grandes œuvres sur lin bordées de tissu Kente et de batik, faisant du cadre lui-même un argument culturel : les traditions textiles ouest-africaines placées aux marges de la peinture de chevalet occidentale. Elle peint des personnages vêtus plutôt que nus, estimant que les vêtements révèlent davantage la culture que la peau nue et que la nudité en peinture est intrinsèquement sexiste. En intégrant des images du Ku Klux Klan, elle remet directement en cause les attentes sur les sujets que les artistes afro-américains devraient traiter.
D’abord sceptique envers les mouvements féministes dominés par les femmes blanches, elle rejoint ensuite le Heresies Collective et participe aux Guerrilla Girls sous le pseudonyme de Zora Neale Hurston, inscrivant son féminisme dans la tradition littéraire et culturelle noire. Son tableau Measuring Measuring, de 1995[1], paraît en couverture du livre fondateur de Lisa Farrington, Creating Their Own Image: The History of African American[1] Women Artists. Amos meurt en mai 2020[1]. Une rétrospective itinérante, Emma Amos: Color Odyssey, est inaugurée en 2021.
Chronologie
- 1937Née en mars à Atlanta, en Géorgie.
- 1959Part à Londres à 22 ans pour étudier à la Central School of Art and Design, où elle obtient un certificat de gravure.
- 1963Présentée au groupe Spiral par Hale Woodruff à 26 ans, elle en devient la première et unique femme membre.
- 1965Présente la gravure Without a Feather Boa à l’exposition de Christopher Street du groupe Spiral.
- 1966Obtient un MA à NYU.
- 1995Son tableau Measuring Measuring paraît en couverture du livre de Lisa Farrington, Creating Their Own Image: The History of African American Women Artists.
- 2020Meurt en mai, à l’âge de 83 ans.
Œuvres majeures
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Questions fréquentes
Qu’est-ce qui fait la renommée de Emma Amos ?
Emma Amos est connue pour associer estampe, peinture et techniques textiles. Elle crée de grandes pièces de lin bordées de tissus kente et batik, intégrant les traditions textiles ouest-africaines à la peinture de chevalet occidentale.Quelle est l’œuvre la plus célèbre de Emma Amos ?
Il est difficile de désigner une seule œuvre comme la plus célèbre d’Emma Amos. Son œuvre aborde la race, le genre et la classe, souvent à travers des récits personnels et une remise en cause des frontières artistiques conventionnelles. Dans les années 1960[1], Amos est associée au Spiral Group, collectif d’artistes noirs qui discutent du rôle des artistes noirs dans le mouvement des droits civiques. Elle rejoint ensuite le collectif féministe Heresies. Son art combine souvent peinture, estampe et textile, créant des surfaces superposées et texturées. Aucune pièce ne s’impose nécessairement au-dessus des autres, mais des motifs et des thèmes récurrents traversent sa carrière : l’exploration du corps féminin, les textiles africains et l’examen critique de l’histoire de l’art occidental. Son approche distinctive et son engagement sur les questions sociales lui assurent une place dans le discours sur l’art contemporain.Que faut-il savoir sur les reproductions de Emma Amos ?
Emma Amos réalise des estampes originales, souvent vendues en éditions limitées. Elles se distinguent des reproductions parce que l’artiste crée l’œuvre directement sur une plaque, un bloc de bois, une pierre ou un écran. Les estampes originales peuvent être des gravures sur bois, des gravures, des linogravures, des mezzotintes, des eaux-fortes, des lithographies ou des sérigraphies. Chaque épreuve d’une édition limitée est considérée comme un original, car l’artiste la réalise à la main. Le nombre d’épreuves est limité par le médium ou par la décision de l’artiste. Les graveurs indiquent sur chaque épreuve le numéro de l’édition, le titre et leur signature, généralement au crayon dans la marge inférieure. L’édition est notée par deux nombres, par exemple 35/100 : 100 désigne le nombre total d’épreuves et 35 le numéro de cette épreuve. Certains artistes réalisent aussi des épreuves d’artiste, notées AP. Le prix dépend du nombre d’exemplaires disponibles, de la réputation de l’artiste, de la popularité de l’image et de la qualité des matériaux.À quel style ou mouvement appartenait Emma Amos ?
La carrière d’Emma Amos coïncide avec l’essor de l’art féministe et du postmodernisme. Ces mouvements, qui apparaissent à la fin des années 1960[1], remettent en question les normes artistiques et les structures de pouvoir traditionnelles. L’art féministe s’attache aux inégalités subies par les femmes et cherche à provoquer un changement. Il n’a pas de style unique et englobe divers médiums et approches. Certains chercheurs associent l’art féministe à l’art conceptuel, où l’idée qui sous-tend l’œuvre prime sur sa forme physique. L’art conceptuel peut prendre la forme de performances, de happenings ou même de déclarations écrites. Le postmodernisme, qui gagne du terrain dans les années 1970, considère la société contemporaine comme fragmentée et dépourvue de structure centrale cohérente. Les artistes postmodernes empruntent souvent au passé et mêlent les styles pour refléter cette fragmentation. Le rapport entre féminisme et postmodernisme est complexe ; des chercheuses féministes critiquent parfois les théories postmodernes, qui peuvent freiner l’action politique et marginaliser certaines voix. Malgré ces critiques, l’histoire de l’art féministe adopte aussi des outils d’analyse postmodernes.Quelles techniques ou quels matériaux étaient utilisés par Emma Amos ?
Emma Amos utilise des matériaux et des méthodes variés. Au fil de l’histoire, les peintres ont employé des médiums comme la fresque, la tempera à l’œuf et l’aquarelle, puis la peinture à l’huile. Les matériaux contemporains comprennent l’acrylique, les peintures en émulsion domestiques et les techniques mixtes, qui réunissent plusieurs matériaux dans une œuvre. Comprendre comment la peinture à l’huile peut être appliquée en épaisseur (empâtement) ou en couches fines (glacis) aide à comprendre une œuvre. Le geste va de touches fines et dissimulées à d’épaisses applications au couteau à palette ou au pochoir. La technique ne se réduit pas à une méthode : elle désigne la manière dont les opérations manuelles et mécaniques façonnent une matière brute selon les intentions artistiques. Certains artistes partent du savoir-faire pour atteindre les idées ; d’autres commencent par les idées et réfléchissent ensuite aux moyens pratiques de les exprimer. Les artistes ne sont pas toujours enfermés dans le médium qu’ils ont choisi. Les choix dépassent les contraintes des matériaux et des techniques.Qu’est-ce qui faisait la renommée de Emma Amos ?
Emma Amos (née en 1937[1], morte en 2020[1]) est une artiste américaine dont le travail aborde des idées féministes et postmodernistes. Sa carrière se développe alors que des historiennes féministes de l’art analysent la manière dont la culture et la représentation visuelle maintiennent les femmes dans une position secondaire. Son travail s’inscrit dans un monde de l’art plus large où, à partir de la fin des années 1960[1], les artistes explorent l’art conceptuel et la performance. L’art féministe, lié à l’art conceptuel, se concentre sur les inégalités subies par les femmes et vise à provoquer un changement. Ce mouvement n’a pas de style fixe et peut comprendre peinture et performance. Le postmodernisme, à partir de 1970, considère la société comme fragmentée et dépourvue d’un centre cohérent. Les artistes empruntent parfois au passé et mêlent des styles anciens pour refléter la société contemporaine. Certaines artistes féministes étudient la manière dont les femmes sont représentées dans les médias.Quand Emma Amos a-t-elle vécu et travaillé ?
Emma Amos est née en 1937[1] et morte en 2020[1]. Dans son œuvre, elle explore les thèmes de la race, du genre et de la classe sociale. Elle est associée au Spiral Group, un collectif d’artistes noirs fondé en 1963[1]. Le groupe compte Romare Bearden, Charles Alston et Hale Woodruff parmi ses membres et cherche à examiner les liens entre l’art et le mouvement des droits civiques. Son travail mêle souvent figuration et motifs. Elle conteste les représentations conventionnelles des femmes, en particulier des femmes noires. Amos utilise souvent des couleurs vives et des compositions audacieuses. Son art comprend peinture, gravure et constructions textiles. Elle mène une longue carrière d’artiste et d’enseignante. Elle enseigne à Rutgers University de 1980 à 2008. Son œuvre est exposée dans des musées et des galeries aux États-Unis.De quelle région venait Emma Amos ?
Les textes de référence ne donnent aucune information sur les origines d’Emma Amos. Ils présentent cependant des éléments sur d’autres artistes. Edmonia Lewis, d’ascendance amérindienne et afro-américaine, est une sculptrice américaine. En 1865, elle part à Rome pour perfectionner son art et y reste pour le reste de sa carrière. Alma Thomas est une artiste américaine qui, en 1924, devient la première diplômée du nouveau département d’art de Howard University. Elle obtient ensuite un MA à Columbia University. À partir de 1921, elle vit, enseigne et peint à Washington DC et se rapproche des peintres Colour Field. En 1972[1], elle devient la première femme afro-américaine à présenter une exposition personnelle au Whitney Museum de New York. Elizabeth Catlett est née à Washington DC. Elle devient professeure d’art et reçoit l’enseignement de Lois Mailou Jones et Grant Wood. Elle étudie la sculpture à l’University of Iowa et est artiste invitée au Taller de Grafica Popular au Mexique. Elle devient citoyenne mexicaine en 1962.Qui a été influencé par Emma Amos ?
Il est difficile de mesurer l’influence artistique directe d’Emma Amos, mais certaines tendances générales se dégagent. Elizabeth Catlett, par exemple, sert de modèle aux jeunes artistes afro-américaines. Elle défend l’art moderne, les traditions esthétiques noires et l’idéologie de la libération noire. Les jeunes artistes peuvent la rencontrer par l’intermédiaire de la National Conference of Artists, organisation d’artistes noirs professionnels, de critiques et d’historiens de l’art fondée en 1959[1]. En 1971, Faith Ringgold cofonde avec Dinga McCannon et Kay Brown un groupe d’artistes noires, Where We At: Black Women Artists. Ringgold met davantage l’accent sur sa sensibilité de femme noire, ce qui laisse des possibilités de réseautage avec d’autres artistes et groupes. En deux ans, elle a « commencé à parler presque exclusivement pour les femmes, les femmes noires », qui, à leur tour, commencent à s’adresser au monde à travers son art.Pourquoi les œuvres de Emma Amos sont-elles importantes aujourd’hui ?
Emma Amos (1937[1]–2020[1]) est une peintre, graveuse et tisserande qui explore dans son art les thèmes de la race, du genre et de l’identité. Elle est associée au Spiral Group, collectif d’artistes noirs fondé en 1963[1] pour discuter du rôle des artistes noirs dans le mouvement des droits civiques. Elle est aussi membre du Heresies Collective, collectif féministe fondé en 1976. Son travail intègre souvent des images d’elle-même et de sa famille, ainsi que des références à la culture populaire et à l’histoire de l’art. Elle remet en cause les représentations conventionnelles des femmes noires dans l’art, les présentant comme des personnes complexes et multiples. Son point de vue afrofémocentriste donne la primauté à la conscience des femmes noires. Son approche novatrice de la figuration et sa volonté d’aborder des questions sociales difficiles rendent son œuvre pertinente aujourd’hui.De quoi Emma Amos est-elle morte ?
La mort de Emma Amos est survenue en 2020[1] à l’âge de 83 ans.
Sources
Le texte éditorial s’appuie sur les références primaires et tertiaires suivantes concernant Emma Amos.
- [1] Wikipédia Wikipedia: Emma Amos Utilisée pour : biographie, dates de naissance, dates de décès, identifiants, rattachement à un mouvement, nationalité.
- [2] livre guggenheim-museum00solo Utilisée pour : biographie.
- [3] livre Shirley Samuels;, Race and Vision in the Nineteenth-Century United States Utilisée pour : analyse stylistique.
- [4] livre Norma Broude, The Expanding Discourse Utilisée pour : biographie, analyse stylistique.
- [5] livre Hodge, Susie, 1960- author, The short story of women artists : a pocket guide to movements, works, breakthroughs, & themes Utilisée pour : biographie.
- [6] livre Charlene Spretnak (auth.), The Spiritual Dynamic in Modern Art _ Art History Reconsidered, 1800 to the Present Utilisée pour : analyse stylistique.
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