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Clovis Trouille
1889–1975 · Français[1]

Clovis Trouille

Pendant la majeure partie de sa vie adulte, Clovis Trouille passe ses journées de travail à restaurer et décorer des mannequins de grands magasins. Ce travail est volontairement peu prestigieux, et c’est précisément le but : en séparant entièrement sa peinture du commerce, il peut peindre ce qu’il veut, sans rendre de comptes à personne. Ce qu’il aime, c’est l’érotisme anticlérical, les tableaux de mortalité sardoniques et la moquerie persistante de la respectabilité catholique bourgeoise — des sujets qui auraient profondément embarrassé la plupart des galeristes de la France de l’entre-deux-guerres.

Conservées dans 1 muséeWikipédia6 sources

Portrait de Clovis Trouille

Biographie

Né à La Fère en 1889[1], Trouille étudie à l’École des Beaux-Arts d’Amiens de 1905[1] à 1910. Sa production est modeste et sans hâte : il peint lentement, pour lui-même. La situation change dans les années 1930, lorsque Louis Aragon et Salvador Dalí découvrent son travail et le présentent à André Breton, qui le classe aussitôt parmi les surréalistes. Trouille accepte l’étiquette sans grand enthousiasme ; elle lui apporte de la visibilité et il est assez pragmatique pour en tirer parti. Il reste en contact avec Breton et Marcel Jean sans jamais adhérer pleinement au programme idéologique du mouvement.

Ses tableaux réunissent des nonnes, des prêtres, le Marquis de Sade, les carnages de la Première Guerre mondiale et des figures ostensiblement dénudées dans des compositions moins scandaleuses qu’ironique. L’esprit est au cœur de l’œuvre : *Dialogue at the Carmel* (1944[1]) est une polémique anticléricale sous forme de comédie visuelle, tandis que *Lust* (1959), où figure de Sade, relève autant de la philosophie que de la provocation. Un tableau porte l’inscription « Oh! Calcutta! Calcutta! », jeu bilingue sur la phrase française « Oh, quel cul t’as ! », qui inspire directement à Kenneth Tynan le titre de sa revue érotique de théâtre de 1969.

Trouille meurt à Neuilly-sur-Marne en septembre 1975[1], à l’âge de 85 ans, après avoir passé la majeure partie de sa vie dans un oubli fécond. Son nom perdure à travers le Clovis Trouille Award, créé en 2019 par la National Leather Association International pour l’art érotique surréaliste.

Chronologie

  1. 1889Naît à La Fère.
  2. 1905Commence sa formation à l’École des Beaux-Arts d’Amiens.
  3. 1910Achève sa formation à l’École des Beaux-Arts d’Amiens.
  4. 1930Louis Aragon et Salvador Dalí découvrent son travail et le montrent à André Breton.
  5. 1930André Breton le classe parmi les surréalistes ; Trouille accepte cette étiquette.
  6. 1944Peint « Dialogue at the Carmel ».
  7. 1959Peint « Lust », avec le Marquis de Sade.
  8. 1969L’inscription de son tableau « Oh! Calcutta! Calcutta! » inspire à Kenneth Tynan le titre de sa revue érotique de théâtre.
  9. 1975Meurt à Neuilly-sur-Marne en septembre, à l’âge de 85 ans.

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Questions fréquentes

  • Qu’est-ce qui fait la renommée de Clovis Trouille ?
    Clovis Trouille est connu pour son érotisme anticlérical, ses tableaux de mortalité sardoniques et sa moquerie de la respectabilité catholique bourgeoise. L’inscription de l’un de ses tableaux, « Oh! Calcutta! Calcutta! », inspire directement à Kenneth Tynan le titre de sa revue érotique de théâtre de 1969[1].
  • Quelle est l’œuvre la plus célèbre de Clovis Trouille ?
    Il est difficile de désigner une œuvre comme la plus célèbre de Clovis Trouille. Il est surtout connu pour son imagerie provocatrice et souvent bizarre plutôt que pour un tableau précis. Ses peintures mêlent fréquemment des thèmes anticléricaux, antibourgeois et érotiques. Il explore des sujets surréalistes et fantastiques, souvent avec humour et satire. Il cherche à choquer et à remettre en question les normes artistiques et sociales conventionnelles. Sa démarche et ses sujets rejoignent les principes surréalistes, bien qu’il reste quelque peu en marge du groupe surréaliste central. Ses tableaux présentent souvent des scènes oniriques, des rapprochements inattendus et des figures non conventionnelles. Il développe un style distinctif qui le différencie des autres artistes de son temps. Il n’acquiert pas une large reconnaissance publique durant ses années les plus actives, mais son travail est depuis réévalué et célébré pour son originalité et son iconoclasme.
  • Que faut-il savoir sur les reproductions de Clovis Trouille ?
    Clovis Trouille (1889[1]–1975[1]) est un artiste français associé au surréalisme, tout en restant largement en marge de ses cercles centraux. Il travaille dans un style figuratif et crée des images provocatrices, souvent blasphématoires. Il commence comme concepteur de vitrines et d’affiches de théâtre, puis se tourne vers les beaux-arts. Ses estampes reprennent souvent des motifs récurrents : mannequins, figures religieuses et femmes érotisées. Ces éléments se combinent dans des scènes bizarres et oniriques qui contestent la morale conventionnelle et le bon goût. Ses estampes se caractérisent par une technique minutieuse et une esthétique kitsch délibérée. Son travail tourne souvent en dérision les valeurs bourgeoises et l’hypocrisie qu’il perçoit dans la société française. Son art peut être considéré comme une rébellion contre les normes sociales, exprimée dans des compositions d’humour noir et de grande force visuelle.
  • À quel style ou mouvement appartenait Clovis Trouille ?
    Clovis Trouille est difficile à catégoriser. Il travaille en dehors des mouvements établis de son époque. Bien qu’on le rattache parfois au surréalisme, son travail précède l’émergence officielle du mouvement. André Breton publie le Manifeste du surréalisme en 1924[1] ; Trouille réalise des œuvres dans une veine semblable dès le début des années 1920. Ses tableaux contiennent des images oniriques, de l’érotisme et des thèmes anticléricaux, proches de certains aspects du surréalisme. Trouille refuse toutefois lui-même d’être qualifié de surréaliste et garde une indépendance farouche durant toute sa carrière. Certains critiques estiment que son travail annonce certains aspects du Pop Art par son recours à l’imagerie populaire et à des thèmes provocateurs. D’autres le voient comme un artiste outsider dont la vision singulière échappe aux classifications faciles. Son travail intéresse toujours les personnes qui étudient l’évolution du surréalisme et d’autres mouvements artistiques modernes.
  • Quelles techniques ou quels matériaux étaient utilisés par Clovis Trouille ?
    Les tableaux de Clovis Trouille sont réalisés à l’huile sur toile ou panneau de bois. Il utilise parfois une sous-couche à la tempera, technique qui lie les pigments au jaune d’œuf, à la colle ou à la caséine pour créer une première couche de couleur et de forme. Celle-ci peut donner de la luminosité et de la profondeur aux couches d’huile suivantes. Trouille mélange souvent ses peintures à un médium comme l’huile de lin ou la térébenthine pour obtenir la consistance et le brillant voulus. Il superpose des couches de peinture afin de créer texture et volume dans ses compositions. Il réalise aussi des esquisses préparatoires au crayon ou au fusain, qu’il reporte sur la toile avant de peindre. Il incorpore parfois des éléments de collage, comme des photographies ou des imprimés, afin de créer des effets surréalistes ou désorientants. Ces approches mixtes renforcent le caractère iconoclaste de son art.
  • Qu’est-ce qui faisait la renommée de Clovis Trouille ?
    Sans sources plus précises, il est difficile de résumer les aspects essentiels du travail de Clovis Trouille. Un aperçu des titres de l’époque révèle toutefois certains thèmes et sujets qui occupent alors les artistes. On trouve des portraits, comme Countess Adèle de Toulouse-Lautrec in the Living Room of the Malromé Château de Henri de Toulouse-Lautrec (1887) et son Mademoiselle Marie Dihau at the Piano (1890[1]). Les vues urbaines sont également fréquentes, notamment The Bridge at Villeneuve-la-Garenne d’Alfred Sisley (1872) et son Autumn, Banks of the Seine near Bougival (1873). D’autres artistes peignent des scènes de la vie quotidienne, comme Bathers at Asnières de Georges Seurat (1884) et A Sunday on La Grande Jatte (1884–1886[1]). Ces exemples permettent de situer le milieu artistique dans lequel travaille Trouille, même en l’absence de renseignements détaillés sur sa contribution particulière.
  • Quand Clovis Trouille a-t-il vécu et travaillé ?
    Clovis Trouille naît le 31 décembre 1889[1] à La Fère, dans l’Aisne, et meurt le 24 septembre 1975[1] à Paris. Il commence sa formation artistique à l’École des Beaux-Arts d’Amiens vers 1905[1], mais en est expulsé pour insubordination. Il part ensuite à Paris, où il travaille comme concepteur de mannequins de vitrines et restaurateur. Sa carrière artistique se développe lentement. Il réalise des travaux commerciaux pour gagner sa vie tout en poursuivant son art personnel. Il n’obtient une reconnaissance notable que plus tard dans sa vie. Ses tableaux explorent souvent des thèmes provocateurs, notamment l’érotisme, l’anticléricalisme et le macabre. Il est associé au surréalisme, bien qu’il suive une voie artistique indépendante.
  • Où puis-je voir les œuvres de Clovis Trouille ?
    On peut voir les œuvres de Clovis Trouille dans divers lieux, notamment des musées et des ressources en ligne. Certains musées exposent de l’art médiéval, original ou en réplique, de façon permanente ou semi-permanente. Le Musée des Thermes et de l’Hôtel de Cluny, à Paris, conserve une collection d’art médiéval d’Île-de-France dans un édifice authentique de la fin du Moyen Âge. Le Louvre expose aussi les collections nationales françaises dans un cadre qui leur convient. Le Palais de Chaillot a constitué avec soin une collection de moulages et de répliques de qualité muséale de sculptures et fresques monumentales d’Europe. Le Victoria and Albert Museum, à Londres, possède une belle galerie des moulages. Les sites web de nombreux musées et bibliothèques permettent de consulter leurs trésors. La British Library, la Pierpont Morgan et La Haye élaborent des catalogues électroniques complets de manuscrits enluminés avec images numériques.
  • D’où venait Clovis Trouille ?
    Clovis Trouille est un artiste français. François de Troy, peintre d’histoire et portraitiste, est originaire de Toulouse ; il part pour Paris après 1662. Claude Michel, dit Clodion, est un sculpteur dont les œuvres tardives rejoignent les idéaux néoclassiques. Né à Nancy, il a peut-être d’abord étudié à Lille, avant de partir à Paris en 1755. Après avoir travaillé avec son oncle Lambert Sigisbert Adam, il fait son apprentissage auprès de Jean-Baptiste Pigalle, grand sculpteur parisien. En 1759, il remporte le grand prix de sculpture de l’Académie royale. En 1762, il étudie pendant dix ans à l’Académie de France à Rome. Catherine the Great souhaite le faire travailler à Saint-Pétersbourg, mais il revient à Paris et y ouvre un atelier. Pendant la Révolution française, il retourne dans sa ville natale de Nancy et consacre le reste de sa carrière à la décoration intérieure. Il meurt à Paris juste avant l’invasion de la ville par la Sixième Coalition.
  • Qui a été influencé par Clovis Trouille ?
    Il est difficile de préciser qui Clovis Trouille a influencé. Les recherches sur Henri Matisse offrent toutefois quelques liens indirects. L’influence de Matisse se retrouve chez divers artistes et dans différents mouvements. Max Weber et John Marin, ainsi que Milton Avery, Stuart Davis et Audrey Skaling, en témoignent en Amérique. Grace Hartigan s’inspire aussi de Matisse, notamment des œuvres présentées lors d’une rétrospective en 1951[1]. Les leçons de Matisse sur l’usage de la couleur en aplats influencent André Lhote et l’aident à développer une forme de cubisme synthétique. Le groupe « Support-surface », fondé par Claude Viallat à la fin des années 1960, cherche à subvertir la tradition de la peinture de chevalet en s’inspirant du papier découpé de Matisse La Vague. La série presque abstraite de Richard Diebenkorn est également influencée par les œuvres de Matisse de 1912-17. Morris Louis reprend chez Matisse des traits fauves, l’usage de la couleur et le dessin en formes colorées. Ces artistes ont peut-être ensuite eu un lien avec Trouille, mais il faudrait des recherches supplémentaires pour l’établir.
  • Qui a influencé Clovis Trouille ?
    Le travail de Clovis Trouille présente des liens avec le surréalisme. Il connaît des collectionneurs surréalistes et son art partage des thèmes associés au mouvement, comme le sexe, la mort, la folie et l’anticléricalisme. Trouille fréquente André-François Petit, marchand d’art spécialisé dans le surréalisme. Des personnalités comme Roland Penrose, Lee Miller, Anna de Noailles et Valentine Hugo vont à la galerie de Petit. Celui-ci fait également découvrir les tableaux d’Yves Tanguy. Le tableau *Oh! Calcutta! Calcutta!* (1946[1]) de Trouille inspire le titre d’une comédie musicale de Broadway. Il participe à la production du spectacle et en perçoit des droits pendant plusieurs années. Pour le matériel publicitaire, il précise vouloir une séparation en quatre couleurs, « quelque chose de réel », plutôt qu’une lithographie. Dans sa jeunesse, Trouille peint aussi des mannequins pour le Musée Grévin.
  • Qui était Clovis Trouille ?
    Clovis Trouille (1889[1]–1975[1]) est un artiste français né à La Fère. On le décrit souvent comme surréaliste, bien qu’il conserve un style très personnel. Il étudie la peinture à l’École des Beaux-Arts d’Amiens et y acquiert une solide technique classique, qu’il emploie pour réaliser des illustrations dans des journaux régionaux. Un tableau précoce, Palais des merveilles (1907[1]), annonce l’érotisme de son œuvre ultérieure. Il travaille comme illustrateur publicitaire, puis comme artiste-décorateur dans une usine fabriquant des mannequins de cire. En 1930, ses tableaux réapparaissent au Salon des artistes et écrivains révolutionnaires. Son œuvre Remembrance, qui représente un prêtre lubrique, attire l’attention. Il rencontre ensuite les surréalistes, mais ne participe qu’occasionnellement à leurs activités. Salvador Dali lui inspire le goût d’une peinture lisse et polie. Trouille peint des scènes antisociales, antireligieuses et antimorales. Il s’intéresse à l’attrait des ornements et des vêtements sacerdotaux catholiques, qu’il associe à la lingerie féminine. Ses prêtres érotiques et ses nonnes amoureuses des corps évoquent moins l’anticléricalisme qu’un goût pour les plaisirs interdits. Il expose au Salon des Indépendants et au Salon des Surindépendants. Sa première exposition personnelle a lieu à Paris en 1963, à la Galerie Raymond Cordier.

Sources

Le texte éditorial s’appuie sur les références primaires et tertiaires suivantes concernant Clovis Trouille.

  1. [1] Wikipédia Wikipedia: Clovis Trouille Utilisée pour : biographie, dates de naissance, dates de décès, identifiants, rattachement à un mouvement, nationalité.
  2. [2] livre guggenheim-artoftomorrowfif1939gugg Utilisée pour : biographie.
  3. [3] livre guggenheim-paintingsfromare00solo Utilisée pour : biographie.
  4. [4] livre guggenheim-twopri00weis Utilisée pour : biographie.
  5. [5] livre Palmer, Allison Lee, Historical Dictionary of Neoclassical Art and Architecture Utilisée pour : biographie, analyse stylistique.
  6. [6] livre Bernard Lahire, This is Not Just a Painting Utilisée pour : biographie.

Le contenu éditorial est supervisé par Solis Prints. Sources vérifiées le 15 octobre 2026. Cliquez sur une source pour en savoir plus ou survolez [N] dans la page ci-dessus pour un aperçu.

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