











Charles Gleyre
- Peinture orientaliste
L’enseignant a parfois plus d’importance que les élèves. L’atelier parisien de Charles Gleyre, qu’il reprit à Paul Delaroche en 1843[1], forma quatre artistes qui allaient définir l’impressionnisme : Monet, Renoir, Sisley et Bazille y étudièrent simultanément vers 1862-1864[1]. Gleyre ne demandait pas de frais de cours ; ses élèves contribuaient uniquement au loyer et au coût des modèles.

Biographie
Né en 1806[1] à Chevilly, dans le canton de Vaud, il était orphelin vers l’âge de neuf ans. Élevé par un oncle à Lyon, il étudia auprès de Jean-Claude Bonnefond avant de partir pour Paris, où il fréquenta l’École des Beaux-Arts sous Louis Hersent puis l’Académie Suisse. Il y suivit également des cours d’aquarelle auprès de Richard Parkes Bonington.
De 1834[1] à 1835, Gleyre accompagna le mécène américain John Lowell Jr. en Grèce, en Turquie et en Égypte. Ce voyage marqua durablement son imagination et affecta sa santé : il rentra en France avec une grave inflammation des yeux et des accès de fièvre récurrents. Son tableau de 1843 Lost Illusions, parfois appelé Evening, représentant un poète mélancolique abandonnant sa lyre, lui valut sa réputation au Salon. L’œuvre annonçait tout ce qui suivrait : une peinture allégorique, contemplative et méticuleusement exécutée.
Il produisit plus de 683 œuvres au total, notamment La Danse des bacchantes (1849[1]), Sappho (1867) et l’inachevé Earthly Paradise. Il ne se maria jamais et, plus tard, évita largement les concours publics. Il mourut à Paris en mai 1874[1], trois jours après son 68e anniversaire.
Chronologie
- 1806Né à Chevilly, dans le canton de Vaud.
- 1815Devenu orphelin vers l’âge de neuf ans, il fut élevé par un oncle à Lyon.
- 1834Accompagna John Lowell Jr. en Grèce, en Turquie et en Égypte.
- 1835Rentra en France avec une grave inflammation des yeux et des accès de fièvre récurrents.
- 1843Reprit l’atelier de Paul Delaroche à Paris.
- 1843Son tableau Lost Illusions fut remarqué au Salon.
- 1849Peignit La Danse des bacchantes.
- 1862Monet, Renoir, Sisley et Bazille étudièrent dans son atelier à Paris.
- 1867Peignit Sappho.
- 1874Mourut à Paris, trois jours après son 68e anniversaire.
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Questions fréquentes
Qu’est-ce qui fait la renommée de Charles Gleyre ?
Charles Gleyre est connu pour ses peintures allégoriques et contemplatives, exécutées avec minutie. Son tableau de 1843[1] Lost Illusions, également appelé Evening, lui valut sa réputation au Salon.Que faut-il savoir sur les reproductions de Charles Gleyre ?
Charles Gleyre (1806[1]–1874[1]) était un artiste suisse qui enseignait la peinture à Paris. Il n’est pas surtout connu comme graveur, mais certaines de ses peintures ont été reproduites en estampes, ce qui a diffusé ses compositions auprès d’un public plus large. En 1843[1], il a repris l’atelier de Paul Delaroche, récemment décédé. Il a enseigné à de nombreux artistes devenus célèbres, dont Monet, Renoir, Sisley et Whistler. Sa méthode était assez peu directive : il laissait les élèves développer leur propre style et n’intervenait que lorsqu’il le jugeait nécessaire. En 1864, il a fermé son atelier faute d’intérêt et en raison de problèmes de vue. Il a expliqué sa décision ainsi : « il ne faut pas se survivre à soi-même ». Ses tableaux représentaient souvent des sujets classiques ou historiques dans un style académique précis. Evening, également appelé Lost Illusions, fut l’un de ses tableaux les plus réussis et en existe en plusieurs versions. Son œuvre, appréciée de son vivant, a ensuite perdu de sa faveur avec l’essor de l’impressionnisme et d’autres mouvements modernes.À quel style ou mouvement appartenait Charles Gleyre ?
Charles Gleyre (1806[1]–1874[1]) était un peintre suisse qui travaillait en France. Il est associé au néoclassicisme et s’intéressait également à l’orientalisme. Il cherchait à esthétiser le passé et à lui donner vie en peinture. Comme Jean-Auguste-Dominique Ingres, il a continué à peindre dans son style néoclassique jusque dans la seconde moitié du 19e siècle. Son tableau de 1853[1], *The Romans Put Under the Yoke*, est peut-être son plus important tableau d’histoire. Gleyre a étudié à l’École de Pierre à Lyon, puis à Paris auprès de Louis Hersent. Il a aussi pratiqué l’aquarelle avec Richard Parkes Bonington. À Rome, il a côtoyé des peintres allemands ; à Paris, le compositeur Hector Berlioz et l’artiste suisse Léopold Robert. En 1834, il est parti en Orient, mais est tombé gravement malade. Il est rentré à Paris en 1838. *Egyptian Temple* (1840) offre une représentation détaillée et réaliste de ruines égyptiennes.Quelles techniques ou quels matériaux étaient utilisés par Charles Gleyre ?
Les élèves de Charles Gleyre commençaient par dessiner d’après des moulages de sculptures, en apprenant à rendre les formes par des gradations tonales monochromes. Cela leur inculquait une vision idéalisée de la nature et un dessin conventionnel. Ils ne pouvaient utiliser la couleur qu’après avoir maîtrisé le dessin. Gleyre leur enseignait les matériaux et outils de la peinture. Ils copiaient des têtes peintes, souvent des exemples vénitiens ou flamands du Louvre, pour apprendre une touche vive et la couleur, puis passaient aux têtes d’après modèle vivant et aux nus. La première étape consistait en une « ébauche » peinte en couches minces, qui établissait lignes, masses et demi-teintes. Cette couche devait être plus maigre, donc moins huileuse, que les suivantes, selon la règle du « gras sur maigre », afin d’éviter les craquelures. Les élèves préparaient leurs palettes principalement avec des terres, du bleu de Prusse, du noir et du blanc de plomb. Au 19e siècle, des couleurs goudronneuses moins stables, comme le bitume, sont devenues populaires et ont endommagé de nombreux tableaux. Les contours étaient tracés au fusain léger sur la toile apprêtée, puis repris avec un mélange rouge-brun dilué (« sauce ») au pinceau en poils de martre. Les fonds étaient ébauchés tôt pour atténuer l’éclat de l’apprêt. Au début, on évitait les détails et l’on se concentrait sur la lumière et l’ombre.Qu’est-ce qui faisait la renommée de Charles Gleyre ?
Charles Gleyre (1806[1]–1874[1]) était un artiste suisse qui a passé l’essentiel de sa carrière en France. Il est surtout connu comme professeur : son atelier a formé une génération de peintres impressionnistes importants. Né à Chevilly, en Suisse, il est parti en apprentissage à Lyon, puis a étudié à l’École des Beaux-Arts de Paris. Dans les années 1830[1], il a beaucoup voyagé en Italie, en Grèce, en Égypte et au Proche-Orient. À son retour en France, il a repris l’atelier de Paul Delaroche en 1843. Parmi ses élèves devenus célèbres figurent Claude Monet, Pierre-Auguste Renoir, Alfred Sisley et James Abbott McNeill Whistler. Il les encourageait à observer la nature et à développer un style personnel, contrairement à l’approche académique de l’époque, centrée sur les sujets historiques ou mythologiques et la précision du dessin. Ses propres peintures sont moins connues que celles de ses élèves, mais il a connu un certain succès au Salon. *Evening*, également appelé *Lost Illusions* (1843), est l’une de ses œuvres les plus reconnues : cette allégorie montre un poète assis qui regarde une rivière. Il a cessé d’enseigner en 1864 et est mort à Paris dix ans plus tard.Quand Charles Gleyre a-t-il vécu et travaillé ?
Charles Gleyre était suisse, né sur les rives de Lake Lean. Il passa sa vie professionnelle en France et fut considéré comme l’incarnation de l’école classique. Il étudia à la School of Fine Arts et passa six ans en Italie. Plus tard, il enseigna à Paris dans l’atelier organisé par Hippolyte Delaroche. Ses tableaux, souvent de très grand format, puisaient leurs sujets dans les Écritures et la mythologie antique. Son traitement du nu féminin a été comparé à celui de Jean-Auguste-Dominique Ingres. Bien qu’il prônât un retour à l’Antiquité, il est connu pour son association avec les peintres impressionnistes. Camille Pissarro étudia brièvement auprès de Lehmann avant de rejoindre Gleyre. Claude Monet, Pierre-Auguste Renoir, Alfred Sisley et Frédéric Bazille se rencontrèrent tous dans l’atelier de Gleyre. Celui-ci ne faisait pas payer l’enseignement, mais demandait une contribution au loyer et aux frais des modèles. Il rappelait à ses élèves que la peinture était un art décadent, alors même qu’ils voulaient peindre en pleine campagne.Où puis-je voir les œuvres de Charles Gleyre ?
Les tableaux de Charles Gleyre sont conservés dans plusieurs collections publiques, en Suisse, en France et ailleurs. Dans son pays natal, la Suisse, on peut en voir au Cantonal Museum of Fine Arts de Lausanne et au Kunstmuseum Basel. La France, où Gleyre a passé une grande partie de sa carrière, possède aussi des œuvres importantes. Le Musée d’Orsay, à Paris, conserve notamment Evening (Lost Illusions). Le Musée des Beaux-Arts de Nantes détient The Departure of the Swiss for the Defence of the Fatherland. Hors d’Europe, le Metropolitan Museum of Art de New York possède Sappho de Gleyre. Ces collections permettent d’étudier l’étendue de son œuvre, des tableaux d’histoire aux sujets allégoriques, et révèlent sa formation académique ainsi que l’évolution ultérieure de son style.Qui a été influencé par Charles Gleyre ?
Charles Gleyre a enseigné dans son atelier, puis à l’École des Beaux-Arts, de 1843[1] à 1864. On se souvient de lui comme d’un professeur généreux, qui accueillait les élèves sans tenir compte de leurs moyens financiers. Plusieurs de ses élèves sont devenus des figures importantes, notamment Claude Monet, Pierre-Auguste Renoir, Alfred Sisley et James Abbott McNeill Whistler. Jean-Léon Gérôme, Auguste Toulmouche et Louis-Frédéric Schützenberger ont aussi étudié auprès de lui. Gleyre intervenait relativement peu et laissait ses élèves développer leur style et leurs intérêts plutôt que d’imposer une méthode académique unique. Cela a pu les préparer à suivre des voies diverses. Monet, Renoir et Sisley sont devenus des figures majeures de l’impressionnisme, tandis que Whistler a suivi une voie plus indépendante. Gérôme et Toulmouche ont connu le succès au Salon avec une peinture plus académique. La diversité de leurs œuvres ultérieures montre l’étendue de l’influence pédagogique de Gleyre.Qui a influencé Charles Gleyre ?
Charles Gleyre, artiste suisse ayant vécu une grande partie de sa vie en France, était considéré comme l’incarnation de l’école classique. Il a étudié aux Beaux-Arts et passé six ans en Italie. Pour peindre une figure, il demandait à ses élèves de prendre en compte l’Antiquité. Le réalisme lui répugnait ; il préférait l’idéalisation. Il enseignait que la nature était utile comme objet d’étude, mais peu intéressante en elle-même, et que le style primait. Il considérait aussi le paysage comme un genre décadent. Malgré ces idées, son atelier laissait une certaine liberté aux élèves. Son programme comprenait l’étude de sculptures antiques et des tableaux de Raphaël et d’Ingres au Louvre. Les élèves y apprenaient la technique picturale, la composition classique, la précision du dessin et la manipulation de la peinture. Monet, Bazille, Renoir et Sisley s’y sont rencontrés. Gleyre ne demandait pas de frais de cours, mais une contribution au loyer et aux modèles.Qui était Charles Gleyre ?
Charles Gleyre était un artiste suisse qui passa une grande partie de sa vie en France. Il avait soixante ans lorsqu’il rencontra les futurs impressionnistes ; à leurs yeux, il représentait l’école classique. Gleyre se forma à l’École des beaux-arts et passa également six ans en Italie. Il enseigna dans un atelier organisé par Hippolyte Delaroche, connu pour ses œuvres à thèmes religieux et mythologiques. Ses peintures s’inspiraient souvent de la mythologie antique et des Écritures saintes, qu’il traitait avec une clarté classique. Le modelé de ses nus féminins a été comparé à celui de Jean-Auguste-Dominique Ingres. Gleyre connut le succès au Salon de Paris, mais certains témoignages le décrivent comme un professeur peu inspirant, voire ennuyeux et peu intelligent. Il insistait sur l’idéalisation dans l’art, rejetait le réalisme et exhortait ses élèves à toujours penser à l’Antiquité lorsqu’ils représentaient une figure. Malgré ses idées traditionnelles, son atelier fut le lieu de rencontre de Monet, Bazille, Renoir et Sisley. Il leur présenta également Pissarro.Pourquoi les œuvres de Charles Gleyre sont-elles importantes aujourd’hui ?
Charles Gleyre, peintre suisse qui a vécu une grande partie de sa vie en France, compte par ses liens avec les débuts de l’impressionnisme. Il avait soixante ans lorsqu’il a rencontré les futurs impressionnistes et incarnait à leurs yeux l’école classique, mais son atelier était un lieu d’échanges artistiques. Monet, Renoir, Bazille et Sisley s’y sont rencontrés ; Gleyre leur a aussi présenté Pissarro. Il défendait l’idéalisation et l’Antiquité dans l’art, mais certains élèves, comme Monet, ont résisté à son enseignement. Gleyre ne faisait pas payer ses cours ; il demandait seulement une participation au loyer et aux frais des modèles. Il cherchait à esthétiser le passé dans ses tableaux. Il a étudié à Lyon et à Paris, et séjourné en Italie, où il a rencontré des peintres allemands. Son tableau *Evening*, sous-titré plus tard *Lost Illusions*, a connu le succès en 1843[1]. *The Romans Put Under the Yoke* (1853) est un autre tableau d’histoire important. Malgré une vie difficile, l’œuvre de Gleyre mérite d’être reconnue.Quel était le style artistique de Charles Gleyre ?
Selon une source, Charles Gleyre était considéré comme l’incarnation de l’école classique. Ses peintures orientalistes témoignent toutefois d’une grande diversité stylistique, allant de représentations réalistes de ruines égyptiennes à des scènes fantastiques et théâtrales.
Sources
Le texte éditorial s’appuie sur les références primaires et tertiaires suivantes concernant Charles Gleyre.
- [1] Wikipédia Wikipedia: Charles Gleyre Utilisée pour : biographie, dates de naissance, dates de décès, identifiants, rattachement à un mouvement, nationalité.
- [2] livre guggenheim-albertgleizes1881robb Utilisée pour : biographie.
- [3] livre guggenheim-guggenh01solo Utilisée pour : biographie, analyse stylistique.
- [4] livre guggenheim-handboo00pegg Utilisée pour : analyse stylistique.
- [5] livre guggenheim-thirdenlargedcat1938reba Utilisée pour : biographie, analyse stylistique.
- [6] livre Nathalia Brodskaia, Nathalia Brodskaia - Impressionism Utilisée pour : biographie.
- [7] livre Nathalia Brodskaia, Nathalia Brodskaia - Impressionism Utilisée pour : biographie.
- [8] livre Nathalia Brodskaia, Nathalia Brodskaia - Impressionism Utilisée pour : biographie.
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