





Anselm Kiefer
- Néo-expressionnisme
- Contemporain
Anselm Kiefer commença sa carrière artistique par une série de photographies intitulée Occupations (Besetzungen), à la fin des années 1960. En divers lieux d’Europe, notamment en France, en Suisse et en Italie, il se photographia faisant le salut nazi, vêtu de l’uniforme de la Wehrmacht de son père. Cet acte provocateur, documenté puis présenté dans un livre, confrontait directement le passé récent de l’Allemagne et son histoire refoulée.

Biographie
Né à Donaueschingen, en Allemagne, en mars 1945, quelques semaines avant la fin de la Seconde Guerre mondiale, Kiefer grandit parmi les ruines et dans le silence collectif entourant les atrocités de la guerre. Il étudia le droit et les langues romanes avant de se tourner vers l’art ; il se forma auprès de Peter Dreher et Joseph Beuys. Ses premières peintures représentaient souvent des espaces architecturaux désolés et monumentaux ainsi que des figures historiques, explorant l’identité nationale, le mythe et le pouvoir destructeur de l’idéologie.
Kiefer est connu pour ses œuvres de grand format et son approche expérimentale des matériaux. Il incorpore souvent des éléments inattendus, comme le plomb, la paille, la cendre, la terre et des plantes séchées, à ses peintures et sculptures. Ces matériaux ajoutent un poids physique et des strates symboliques, transformant la surface en un terrain complexe, presque archéologique. Sa pratique puise souvent dans la mythologie allemande, l’histoire ancienne et des références poétiques, créant des récits visuels denses.
Au début des années 1990, Kiefer s’installa à Barjac, en France, où il créa un vaste complexe d’ateliers pour poursuivre ses projets ambitieux. Il y développa de grandes installations et construisit des structures qui permettaient à ses œuvres d’interagir directement avec l’environnement. Son art continue d’affronter des sujets difficiles, en examinant les cycles de destruction et de création, la mémoire et la condition humaine.
Chronologie
- 1945Né en mars à Donaueschingen, en Allemagne.
- 1960Étudia le droit et les langues romanes avant de se consacrer à l’art.
- 1960Se forma auprès de Peter Dreher.
- 1960Se forma auprès de Joseph Beuys.
- 1960Commença la série photographique Occupations.
- 1990S’installa à Barjac, en France, et y établit son atelier.
Œuvres majeures
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Questions fréquentes
Qu’est-ce qui fait la renommée de Anselm Kiefer ?
Anselm Kiefer est connu pour ses œuvres de grand format et son usage expérimental de matériaux tels que le plomb, la paille, la cendre, la terre et les plantes séchées. Son art explore l’identité nationale, le mythe et le pouvoir destructeur de l’idéologie.Quelle est l’œuvre la plus célèbre de Anselm Kiefer ?
L'œuvre d'Anselm Kiefer porte sur l'histoire allemande, les mythes et la mémoire collective. Il est difficile de désigner une œuvre unique comme la plus célèbre. *Song of the Wayland* (1982) est une pièce importante. Ce grand tableau associe sur toile huile, émulsion, paille, photographie et une aile de plomb. Son titre renvoie au mythe de Wayland le forgeron, qui, après avoir été estropié par un roi, se venge violemment avant de s'enfuir grâce à des ailes forgées de ses mains. Kiefer relie cette parabole à la destruction de la culture allemande sous le Troisième Reich et à l'Holocauste. La série *Occupations* (1969), autre œuvre importante, comprend des photographies où Kiefer adopte le salut « Sieg Heil » dans différents lieux. Ces images affrontent les tabous esthétiques et font resurgir des icônes réprimées du passé. Ses tableaux intègrent souvent du sable, de la paille et du plomb pour créer des surfaces épaisses et texturées. Kiefer a déclaré que « peindre = brûler » ; le feu est un motif récurrent de son art et représente des forces critiques et cathartiques.Que faut-il savoir sur les reproductions de Anselm Kiefer ?
Les estampes d'Anselm Kiefer, comme ses peintures, explorent des thèmes liés à l'histoire, aux mythes et à la culture allemands. Né en 1945, Kiefer commença sa carrière en affrontant le passé de l'Allemagne, notamment l'Holocauste et l'époque nazie. Ses estampes intègrent souvent des photographies, des gravures sur bois, de l'aquarelle, de la gouache et d'autres médiums. Ses œuvres sur papier ne sont pas des esquisses préparatoires pour de grandes peintures : ce sont des œuvres achevées, parfois apparentées à ses tableaux comme des études intermédiaires. Il les utilise pour évaluer si une peinture est terminée, en en réalisant des versions plus petites. Dans les années 1970 et au début des années 1980, Kiefer créa de nombreux dessins faisant référence à la culture, à l'histoire, à la littérature et à la musique allemandes. Ces œuvres évoquent parfois la propagande du Troisième Reich. Ses estampes font souvent preuve d'un humour mordant, recourant à la caricature et à l'ironie. Le petit format lui permet d'aborder des thèmes importants sans emphase. Certaines estampes juxtaposent plusieurs feuilles ou ajoutent de petites feuilles sur de plus grandes, invitant le spectateur à réfléchir au sujet de l'œuvre. Elles proposent une perspective singulière sur sa vision artistique et associent commentaire et humour sous une forme plus accessible que ses peintures de grand format.À quel style ou mouvement appartenait Anselm Kiefer ?
L'art d'Anselm Kiefer résiste aux catégorisations simples, même s'il est souvent associé au néo-expressionnisme. Ce mouvement apparut à la fin des années 1970 et au début des années 1980 en réaction au minimalisme et à l'art conceptuel des décennies précédentes. Les artistes néo-expressionnistes ravivèrent la peinture figurative et recouraient souvent à des contenus émotionnels et symboliques. L'œuvre de Kiefer partage certains traits avec ce mouvement, notamment l'accent mis sur l'expérience subjective et l'emploi d'une touche puissante et gestuelle. Cependant, son art comporte aussi des éléments d'autres styles et mouvements. Il puise dans des thèmes historiques et mythologiques, s'intéressant souvent à l'histoire et à l'identité allemandes. L'emploi de matériaux comme le plomb, la paille et la cendre distingue également sa pratique. Ces matériaux ont une valeur symbolique et contribuent à la qualité tactile de ses œuvres. Certains choix esthétiques et thématiques le relient au néo-expressionnisme, mais son approche singulière des matériaux et son rapport à l'histoire le démarquent. Son art reste difficile à classer dans un seul mouvement.Quelles techniques ou quels matériaux étaient utilisés par Anselm Kiefer ?
Anselm Kiefer emploie une grande variété de matériaux et de techniques. Ses œuvres comprennent souvent de la peinture à l'huile, de l'émulsion et de la gomme-laque. Il construit des surfaces avec d'épaisses couches de peinture, qu'il brûle ou entaille parfois. Kiefer utilise aussi des photographies, qu'il recouvre souvent d'acrylique. Certaines sont de lui ; d'autres proviennent de magazines ou de cartes postales. Il assemble également des œuvres sur papier de grande dimension à partir de gravures sur bois séparées, qu'il recouvre ensuite de peinture. Son art utilise aussi le plomb, le sable, la paille, les fleurs séchées, les fougères, le bois et le papier. Il crée également des « livres » à partir de photographies ou de gravures sur bois. Certaines œuvres comportent du plomb fondu fixé à la surface. L'artiste a décrit ses peintures comme des « œuvres de la terre brûlée », affirmant que « peindre = brûler ».Qu’est-ce qui faisait la renommée de Anselm Kiefer ?
Anselm Kiefer est connu pour ses peintures, sculptures et installations qui affrontent l’histoire et l’identité allemandes, en particulier l’héritage de la Seconde Guerre mondiale et de l’Holocauste. Né en Allemagne en 1945, il grandit à une époque d’introspection nationale. Ses premières œuvres comprenaient des performances controversées ; ainsi, dans Occupations (1969), Kiefer faisait le salut nazi dans différents lieux. Ces actions visaient à confronter le passé allemand, même si certains critiques s’interrogèrent sur ses motivations. Ses peintures incorporent souvent des matériaux tels que la paille, la cendre, l’argile, le plomb et la gomme-laque. Ces supports inhabituels confèrent à son art sa dimension tactile et symbolique. Ses toiles monumentales abordent fréquemment la destruction, la régénération et les relations entre histoire et mythe. Margarethe (1981) et Nuremberg (1982) témoignent de son intérêt pour des références historiques et littéraires précises. Il crée aussi des livres d’artiste, des gravures sur bois et d’autres œuvres sur papier.Quand Anselm Kiefer a-t-il vécu et travaillé ?
Anselm Kiefer naquit à Donaueschingen, en Allemagne, en 1945, vers la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il commença sa formation artistique au milieu des années 1960, étudiant d’abord auprès de Peter Dreher à Fribourg de 1966 à 1968. En 1969, il étudia auprès d’Antes à l’Akademie der Bildenden Künste de Karlsruhe, puis auprès de Joseph Beuys à la Kunstakademie de Düsseldorf de 1970 à 1972. Ces études firent suite à une brève période consacrée au droit et au français. En 1971, Kiefer s’installa à Buchen, dans l’Odenwald, et transforma une ancienne école en pierre en maison et atelier. Il conserva également un atelier à Hornbach. L’artiste vit et travaille actuellement à Buchen.Où puis-je voir les œuvres de Anselm Kiefer ?
L'art d'Anselm Kiefer figure dans de nombreuses collections publiques à travers le monde. Plusieurs musées conservent un vaste choix de ses peintures, sculptures et œuvres sur papier. En Allemagne, d'importantes collections se trouvent à la Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen (Düsseldorf), à la Pinakothek der Moderne (Munich) et à la Hamburger Kunsthalle (Hambourg). Ces musées offrent un large aperçu de son évolution artistique. Hors d'Allemagne, le Metropolitan Museum of Art et le Museum of Modern Art (tous deux à New York) possèdent d'importantes collections. La Tate Modern de Londres conserve également plusieurs œuvres. Ces collections internationales permettent de découvrir le travail de Kiefer dans un contexte mondial. La Hall Art Foundation (Reading, Vermont, États-Unis) possède aussi une importante collection, accessible sur rendez-vous. La visite de ces institutions donne l'occasion d'étudier l'échelle et la matérialité caractéristiques de sa production.D’où venait Anselm Kiefer ?
Anselm Kiefer naquit en 1945 à Donaueschingen. À cette époque, cette ville se trouvait dans la zone d’occupation française de ce qui restait de l’Allemagne après la Seconde Guerre mondiale. De 1963 à 1968, Kiefer voyagea en France, en Hollande, en Italie et en Suède. En 1965, il commença à étudier le droit et le français à l’université de Fribourg, mais abandonna après trois semestres pour étudier la peinture auprès de Peter Dreher à Fribourg. De 1970 à 1972, il étudia la peinture auprès de Joseph Beuys à la Kunstakademie de Düsseldorf. En 1971, Kiefer s’installa à Buchen, dans l’Odenwald, où il transforma une ancienne école en pierre en maison et atelier. En 1984, il se rendit en Israël. Très attaché à sa vie privée, il n’autorise pas la publication de son portrait dans les catalogues d’exposition.Qui a été influencé par Anselm Kiefer ?
Le travail d'Anselm Kiefer a trouvé un écho chez plusieurs artistes. Il étudia auprès de Joseph Beuys à l'Académie des beaux-arts de Düsseldorf. Son art partage l'intérêt de Beuys pour les objets symboliques et l'incorporation de matériaux réels, comme la paille, dans les tableaux. Comme Beuys, Kiefer imprègne ses œuvres d'une qualité rituelle. Ses œuvres, notamment les premières, explorent des thèmes liés à l'histoire et à l'identité allemandes, suscitant souvent de vives réactions. En 1969, il se photographia en uniforme nazi, faisant le salut nazi dans différents lieux. Ses grandes toiles comportaient parfois des images associées à l'architecture nazie et aux camps de concentration. Sa volonté d'affronter les aspects difficiles du passé influença les générations suivantes d'artistes qui abordent des thèmes historiques et politiques. Martin Kippenberger faisait également partie de la scène culturelle berlinoise.Qui a influencé Anselm Kiefer ?
Anselm Kiefer étudia auprès de Joseph Beuys à l'Académie de Düsseldorf. L'influence de Beuys se remarque dans l'utilisation par Kiefer de matériaux comme le goudron, la paille, le fer rouillé et le plomb. Ses tableaux de grande dimension, avec leur accumulation de détails, doivent aussi quelque chose à Jackson Pollock. Son œuvre aborde l'histoire allemande et juive, l'alchimie, la Kabbale et l'Holocauste. Il fait référence à l'Exode, à l'occupation de l'Allemagne par Napoléon et au style néoclassique du nazisme. Le poème « Death Fugue » de Paul Celan, écrit dans un camp de concentration, eut aussi un impact. La série d'œuvres de Kiefer datant de 1973 est consacrée aux opéras de Richard Wagner, en particulier *Der Ring des Nibelungen* et *Parsifal*. Comme Wagner, Kiefer s'inspire des mythes de l'*Edda*, recueil de littérature ancienne islandaise et source de la mythologie germanique.Qui était Anselm Kiefer ?
Anselm Kiefer, né à Donaueschingen en 1945, est un artiste allemand qui étudia la peinture auprès de Peter Dreher à Fribourg (1966–1968), puis d’Antes à l’Akademie der Bildenden Künste de Karlsruhe. Il acheva ses études auprès de Joseph Beuys à la Kunstakademie de Düsseldorf (1970–1972). En 1971, il s’installa à Buchen, dans l’Odenwald, transformant une école en pierre en maison et atelier. Ses premières œuvres associaient mots et images, les mots agissant comme des figures dans la composition et faisant référence à des chants de guerre, des poèmes, des mythes et des lieux géographiques. En 1973, les opéras de Richard Wagner, notamment *Der Ring des Nibelungen* et *Parsifal*, devinrent un sujet de prédilection puisant dans la littérature islandaise et la mythologie allemande. Kiefer fit évoluer sa technique en utilisant de grandes photographies comme surfaces picturales. Il accumulait la peinture en couches épaisses, parfois incisées ou brûlées, qu’il appelait ses « œuvres de terre brûlée ». Il employait le plomb, le sable, l’huile, la gomme-laque, le bois et le papier, puis ajouta des fleurs séchées, de la paille et des fougères. En 1983, il reçut le prix Hans Thoma et, en 1984, voyagea en Israël.
Sources
Le texte éditorial s’appuie sur les références primaires et tertiaires suivantes concernant Anselm Kiefer.
- [1] livre Rosenthal, Nan, Anselm Kiefer : works on paper in the Metropolitan Museum of Art Utilisée pour : biographie.
- [2] livre Beard, Lee, 1973- author, Butler, Adam, author; Van Cleave, Claire, author; Fortenberry, Diane, author; Stirling, Susan, author, Beard, Lee, 1973- author, Butler, Adam, author; Van Cleave, Claire, author; Fortenberry, Diane, author; Stirling, Susan, author - The Art Book_ New Edition, Mini Format Utilisée pour : biographie.
- [3] livre guggenheim-refigur00kren Utilisée pour : biographie.
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